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Celebratio Mathematica

Marc Yor

Dix thèmes de recherche sur les processus stochastiques qui me tiennent à cœur et m’ont longtemps occupé, I

by Marc Yor

May 2011

À Al­bert Camus (1913–1960) qui nous a ap­porté son espérance, con­di­tionnée de soleil.

Introduction

Mal­gré le (ou peut être à cause du) rôle des précurseurs géni­aux al­lant de Blaise Pas­cal à Paul Lévy en France, les prob­ab­ilités ont mis quelque temps — euphémisme! — à y être re­con­nues comme sous-dis­cip­line mathématique à part entière.

Au cours du derni­er demi-siècle (1960–2010), il a fallu que des prob­ab­il­istes émin­ents, à la suite — in­dir­ecte­ment — de l’ax­io­mat­isa­tion de Kolmogorov montrent que les (ou: la théorie des) prob­ab­ilités sont in­ex­tric­able­ment liées à la théorie de l’intégra­tion (au sens le plus large du ter­me), à la théorie de po­ten­tiel, à l’ana­lyse de Four­i­er, à l’ana­lyse com­plexe, au cal­cul des vari­ations, à la théorie des nombres…pour qu’elles trouvent en­fin droit de cité dans l’Olympe mathématique. A titre d’ex­emple, au Con­grès In­ter­na­tion­al des Mathématiciens de 2006, à la fois les travaux de K. Itô, et de W. Wern­er, se trouvent récom­pensés au plus haut niveau. Cette tend­ance a en­core été con­firmée au CIM 2010 à Hy­dera­bad.

Quit­tons ce niveau pour re­venir “à la base”. Je voudrais montrer ici, en présent­ant une dizaine de mes thèmes de recher­che préférés, com­ment l’étude du mouvement browni­en est en­trelacée avec un cer­tain nombre d’autres ques­tions mathématiques. J’ai écrit cet art­icle de façon un peu in­habituelle (en Mathématiques), espérant ain­si rendre sa lec­ture plus at­tray­ante qu’une tra­di­tion­nelle No­tice de travaux…

0. Généralités

(0.a) Pour­quoi un mathématicien trav­aille-t-il sur tel ou tel sujet, plutôt que sur d’autres? Chacun a sa (ou ses) réponse(s), et je voudrais don­ner ici les miennes.

(G1) Pour­quoi ça marche? Etant donné un résul­tat (R), port­ant dis­ons sur le mouvement browni­en, je souhaite com­pren­dre “ce qui fait que ça marche”, autre­ment dit, isoler les pro­priétés du mouvement browni­en qui ser­vent dans la démon­stra­tion de (R).

Ceci va per­mettre de montrer, par ex­emple, que (R) est en­core val­able pour une cer­taine classe de mar­tin­gales con­tin­ues.

(G2) Con­struc­tions génériques, ap­pli­quées à la tra­jectoire browni­enne. Un pro­ces­sus stochastique, pren­ons en­core le mouvement browni­en, n’est — après tout —  que la fonc­tion con­tin­ue générique (f(t),t0) considérée sous (ou: re­l­at­ive­ment à) la mesure de Wien­er W(df) sur C(R+,Rn). Cette mesure confère à f, pr­esque sure­ment, des pro­priétés très par­ticulières, lesquelles per­mettent de considérer “générique­ment” cer­taines con­struc­tions d’ana­lyse ou de géométrie, val­ables pour une large classe de fonc­tions f; on ob­tient ain­si une fonc­tion­nelle Q(f), définie W(df) p.s., et souvent — de façon générale en théorie des prob­ab­ilités — notée sim­ple­ment Q. On peut al­ors naturelle­ment se poser la ques­tion: quelle est la loi de Q sous W? Par ex­emple: Q1(f)=01f2(t)dt, Q2(f)=supt1|f(t)|, etc…Quelle est la loi con­jointe de (Q1,Q2) sous W? Ceci nous amène très naturelle­ment à la généralité suivante.

(G3) Cal­culs de lois. Le problème de la déter­min­a­tion de la loi d’une fonc­tion­nelle du mouvement browni­en m’est posé. As­sez rap­idement, ce problème me paraît voisin d’une ou plusieurs autres ques­tions que j’ai déjà traitées. Toute­fois, cela résiste…

Ceci va me fournir une mo­tiv­a­tion as­sez forte pour que je m’ac­croche… Peut-être, plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard, ce problème sera-t-il résolu… C’est ain­si que je me suis intéressé au problème des op­tions asi­atiques.

(0.b) D’autres cher­ch­eurs prob­ab­il­istes, dont les travaux con­cernent égale­ment es­sen­ti­elle­ment le mouvement browni­en, sont motivés de façons différentes; citons par ex­emple:

(G4) Le mouvement browni­en comme méthode de preuve. Don­ner une démon­stra­tion à l’aide du mouvement browni­en de théorèmes célèbres en ana­lyse et/ou géométrie. Ain­si, B. Dav­is [e21] a ob­tenu une belle démon­stra­tion du grand théorème de Pi­card à l’aide du mouvement browni­en plan; K. Carne [e28] a su ret­rouver les théorèmes fon­da­men­taux de la théorie de Nevan­linna sur les fonc­tions méro­morph­es à l’aide du mouvement browni­en plan, et de considéra­tions sur les mar­tin­gales con­formes.

Le succès de ces deux ap­proches peut s’ex­pli­quer “glob­ale­ment” par le fait que le mouvement browni­en plan (Zt,t0) est tell­e­ment récur­rent que la con­nais­sance de φ, fonc­tion méro­morphe donnée, “équivaut” à la con­nais­sance du pro­ces­sus (φ(Zt),t0).

De même, en géométrie, des résul­tats pure­ment géométriques sur cer­taines variétés M ont été ret­rouvés en considérant le mouvement browni­en à valeurs dans ces variétés M; là en­core, on peut dire que, en général, le mouvement browni­en à valeurs dans M va vis­iter “tous les coins et re­coins” de cette variété, et di­vulguer ain­si cer­taines in­form­a­tions sur la géométrie de cette variété.

No­tons que ce point (G4) fait partie d’une “philo­soph­ie” plus générale de démon­stra­tions de résul­tats mathématiques à l’aide d’une ap­proche prob­ab­il­iste. Voir l’art­icle de Bruss et Heyvaert [e61] ay­ant pour titre: La méthode prob­ab­il­iste; voir égale­ment le livre de Alon–Erdös–Spen­cer [e33].

(G5) Prob­ab­ilités et Physique. Déve­lop­per les problématiques étudiées par cer­tains phys­i­ciens à l’aide des tech­niques d’in­vest­ig­a­tion des prob­ab­ilités, et en par­ticuli­er du mouvement browni­en. Citons, par ex­emple, le pro­gramme de Sy­man­zik (1969) [e9] de théorie con­struct­ive des champs qui suggérait la con­nais­sance et l’util­isa­tion des points mul­tiples du mouvement browni­en plan, pour con­stru­ire des champs avec in­ter­ac­tions non linéaires. Ce pro­gramme a, immédiate­ment (c’est-à-dire avec pub­lic­a­tion dans le livre de Jost–Sy­man­zik [e9]) amené S. Varadhan à prouver un pro­fond résul­tat de renor­m­al­isa­tion d’intégrales doubles du mouvement browni­en plan.

Plus récem­ment, l’étude des ex­posants de non-in­ter­sec­tion pour les “paquets” de tra­jectoires browni­ennes a été déve­loppée au départ par cer­tains phys­i­ciens (dont B. Du­planti­er à Saclay) à l’aide d’ar­gu­ments de grav­ité quantique (voir, par ex­emple, sur un sujet voisin, l’art­icle de Du­planti­er–Shef­field [e62]), puis ces études et résul­tats ont en­suite été re­pris par des prob­ab­il­istes (Lawl­er–Schramm–Wern­er) à l’aide de l’in­vari­ance con­forme du mouvement browni­en plan, men­ant à la découverte et à l’étude des SLE (= Stochast­ic (ou: Schramm) — Loewn­er — Evol­u­tion Pro­cesses); voir, de façon générale, G. Lawl­er [e53] pour une étude de ces pro­ces­sus.

(0.c) Dans cet art­icle, je présente suc­cincte­ment dix thèmes — cor­res­pond­ant chacun à une sec­tion de l’art­icle — sur lesquels j’ai trav­aillé, et qui il­lustrent les généralités (Gi)i=1,2,3.

A la fin de la dis­cus­sion de chaque thème, fig­urent les références “es­sen­ti­elles” cor­res­pond­antes.

Liste des thèmes:

  • Thème 1 ((G1)). Re­présen­t­a­tion de mar­tin­gales comme intégrales stochastiques.
  • Thème 2 ((G1)). Si on re­m­place un temps d’arrêt par un temps quel­conque, la pro­priété (P) reste-t-elle sat­is­faite?
  • Thème 3 ((G1)). Jusqu’où un pro­ces­sus peut-il ressem­bler au mouvement browni­en, et néan­moins en être différent?
  • Thème 4 ((G1)). Jusqu’où une fil­tra­tion peut-elle ressem­bler à la fil­tra­tion browni­enne, et néan­moins en être différente?
  • Thème 5 ((G1)). De l’équa­tion de Tsirel’son au rôle in­com­plet du mécan­isme d’évo­lu­tion…
  • Thème 6 ((G2)). Nombres de tours du mouvement browni­en plan.
  • Thème 7 ((G2)). Mouvement browni­en et valeurs prin­cip­ales.
  • Thème 8 ((G3)). Sur l’air(e) de Paul Lévy, des fonc­tion­nelles quad­ratiques du mouvement browni­en, et des iden­tités de Ciesiel­ski–Taylor.
  • Thème 9 ((G2)). Fil­tra­tion des ponts browni­ens, et ef­feuil­lage (ou épluchage) du mouvement Browni­en.
  • Thème 10 ((G3)). Moy­enne arithmétique du mouvement browni­en géométrique; op­tions asi­atiques; ex­ten­sions ex­po­nen­ti­elles des théorèmes de Lévy et Pit­man.

(Note: Re­marquons que, pour ces 10 thèmes, 5 relèvent de (G1), 3 de (G2), et 2 de (G3).)

Références pour cette sec­tion

K. Sy­man­zik: “Eu­c­lidean quantum field the­ory,” pp. 152–​219 in Loc­al quantum the­ory: Course XLV of Pro­ceed­ings of the In­ter­na­tion­al School of Phys­ics En­rico Fermi (Var­enna, Italy, 1968). Ed­ited by R. Jost. Aca­dem­ic (New York), 1969. in­col­lec­tion

B. Dav­is: “Browni­an mo­tion and ana­lyt­ic func­tions,” Ann. Probab. 7 : 6 (1979), pp. 913–​932. MR 548889 Zbl 0421.​60072 art­icle

T. K. Carne: “Browni­an mo­tion and Nevan­linna the­ory,” Proc. Lon­don Math. Soc. (3) 52 : 2 (1986), pp. 349–​368. MR 818930 Zbl 0562.​60079 art­icle

N. Alon and J. H. Spen­cer: The prob­ab­il­ist­ic meth­od. Wiley-In­ter­science Series in Dis­crete Math­em­at­ics and Op­tim­iz­a­tion. Wiley (New York), 1992. With an ap­pendix by Paul Er­dős. MR 1140703 Zbl 0793.​05076 book

G. F. Lawl­er: Con­form­ally in­vari­ant pro­cesses in the plane. Math­em­at­ic­al Sur­veys and Mono­graphs 114. Amer­ic­an Math­em­at­ic­al So­ci­ety (Provid­ence, RI), 2005. MR 2129588 Zbl 1074.​60002 book

M. Heyvaert and F. T. Bruss: “La méthode prob­ab­il­iste,” Gaz. Math. 124 (2010), pp. 15–​29. MR 2665960 Zbl 1222.​60011 art­icle

B. Du­planti­er and S. Shef­field: “Li­ouville quantum grav­ity and KPZ,” In­vent. Math. 185 : 2 (2011), pp. 333–​393. MR 2819163 Zbl 1226.​81241 art­icle

1. Thème 1 ((G1)). Représentation de martingales comme intégrales stochastiques

(1.a) C’est un résul­tat classique — et im­port­ant — dû à Itô que toute mar­tin­gale (Mt) par rap­port à la fil­tra­tion naturelle (Ft) du mouvement browni­en (Bt) peut se re­présenter comme: Mt=c+0tmsdBs,(ms,s0) est un pro­ces­sus (Fs) prévis­ible.

Une démon­stra­tion “stand­ard” de ce résul­tat con­siste à ob­tenir la re­présen­t­a­tion comme intégrale stochastique pour les mar­tin­gales ex­po­nen­ti­elles: Etf=exp(0tf(s)dBs120tf2(s)ds), pour fLloc2(R+;ds). On ob­tient grâce à la for­mule d’Itô: Etf=1+0tEsff(s)dBs. En­suite, on util­ise un ar­gu­ment de dens­ité de l’es­pace vec­tor­i­el en­gendré par ces mar­tin­gales.

(1.b) C’est en­suite Del­lacher­ie [e14] qui re­marque que la loi W — la mesure de Wien­er — est ex­trêmale parmi les lois de mar­tin­gales, et que cette pro­priété per­met de démontrer la pro­priété de re­présen­t­a­tion des mar­tin­gales browni­ennes. Del­lacher­ie in­dique égale­ment que son ar­gu­ment vaut aus­si pour la loi du pro­ces­sus de Pois­son re­centré (on dit souvent: com­pensé).

(1.c) En­suite, Ch. Yoeurp, J. Jac­od ([e20], [e17]) et moi-même (Thèse; 1976) ap­por­tons chacun des résul­tats partiels à cette ques­tion, pour, fi­nale­ment, aboutir au résul­tat suivant.

Théorème 1.1: (Jacod–Yor [e20]) Soit M l’en­semble des lois de mar­tin­gales sur l’es­pace can­o­nique des fonc­tions càdlàg; autre­ment dit, PM si, et seule­ment si, le pro­ces­sus des co­or­données (Xt) est une mar­tin­gale sous P, pour la fil­tra­tion naturelle de X, que nous no­tons (Xt). Al­ors, P(M) est un point ex­trêmal de M si, et seule­ment si, toute (P,(Xt)) mar­tin­gale (Mt) peut s’écri­re sous la forme: Mt=c+0tmsdXs,(ms) est un pro­ces­sus (Xs) prévis­ible.

L’ar­gu­ment clé est le fait que l’es­pace dual de H1(P) soit BMO(P), et que toute mar­tin­gale de BMO(P) soit loc­ale­ment bornée.

(1.d) Une ap­proche sans fil­tra­tion.
Il me semble me souven­ir, qu’après avoir ra­conté le théorème 1.1 à G. Mokobodzki, il m’avait sig­nalé que le théorème suivant, qu’il at­tribuait à R. Douglas [e8] lui semblait ap­par­enté à ce théorème 1.1.

Théorème 1.2: Soit (fi;iI) une fa­mille de fonc­tions mesur­ables définies sur un es­pace (X,X), et (ci;iI) une fa­mille de nombres réels. On considère la fa­mille M((fi)iI,(ci)iI) de toutes les prob­ab­ilités P qui font de chaque fi une vari­able P-intégrable d’intégrale ci. Al­ors, un élément PM((fi)iI,(ci)iI) est un point ex­trémal de cet en­semble si, et seule­ment si l’en­semble (fi)iI, auquel on ad­joint la fonc­tion 1 est total dans L1(X,X,P).

En fait, bi­en av­ant Douglas, ce théorème avait déjà été ob­tenu par Naïmark [e1]. Là en­core, le point clé est que le dual de L1(P) est L(P).

On peut réduire la démon­stra­tion du théorème 1.1 à celle du théorème 1.2 en pren­ant pour fi dans le cadre du théorème 1.1 les vari­ables: 1Γs(XtXs) pour ΓsFs, et s<t, et ci=0.

G. Mokobodzki m’a en­suite aidé à montrer com­ment pass­er d’une con­ver­gence dans L1 pour une suite à une con­ver­gence dans H1 pour une sous-suite, ce qui m’a per­mis de don­ner en [2] une autre démon­stra­tion du théorème 1.1 ci-des­sus.

Références pour cette sec­tion

M. A. Naï­mark: “Ex­tremal spec­tral func­tions of a sym­met­ric op­er­at­or,” Bull. Acad. Sci. URSS. Sér. Math. [Izves­tia Akad. Nauk SSSR] 11 (1947), pp. 327–​344. In Rus­si­an (Eng­lish sum­mary). MR 24062 Zbl 0032.​21501 art­icle

R. G. Douglas: “On ex­tremal meas­ures and sub­space dens­ity, II,” Proc. Amer. Math. Soc. 17 (1966), pp. 1363–​1365. MR 205053 Zbl 0171.​34302 art­icle

C. Del­lacher­ie: “In­té­grales stochastiques par rap­port aux pro­ces­sus de Wien­er ou de Pois­son,” pp. 25–​26 in Sémin­aire de Prob­ab­il­ités, VIII (Univ. Stras­bourg, an­née uni­versitaire 1972–1973). Ed­ited by C. Del­lacher­ie, P. Mey­er, and M. Weil. Lec­ture Notes in Math. 381. Spring­er (Ber­lin), 1974. MR 370755 Zbl 0302.​60049 in­col­lec­tion

J. Jac­od: “A gen­er­al the­or­em of rep­res­ent­a­tion for mar­tin­gales,” pp. 37–​53 in Prob­ab­il­ity: Proc. Sym­pos. Pure Math., XXXI (Univ. Illinois, Urb­ana, Ill., 1976). Ed­ited by J. L. Doob. Amer. Math. Soc. (Provid­ence, RI), 1977. MR 443074 Zbl 0362.​60068 in­pro­ceed­ings

J. Jac­od and M. Yor: “Étude des solu­tions ex­tré­males et re­présent­a­tion in­té­grale des solu­tions pour cer­tains problèmes de mar­tin­gales” [A study of ex­tremal solu­tion and in­teg­ral rep­res­ent­a­tion of solu­tions for cer­tain mar­tin­gale prob­lems], Z. Wahr­schein­lich­keit­s­the­or. Verw. Geb. 38 : 2 (June 1977), pp. 83–​125. A brief piece with the same title was earli­er pub­lished in C. R. Acad. Sci., Par­is, Sér. A 283 (1976). MR 445604 Zbl 0346.​60032 art­icle

M. Yor: “Sous-es­paces denses dans L1 ou H1 et re­présent­a­tion des mar­tin­gales” [Dense sub­spaces in L1 or H1 and rep­res­ent­a­tion of mar­tin­gales], pp. 265–​309 in Sémin­aire de prob­ab­il­ités XII [Twelfth prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Ed­ited by C. Del­lacher­ie, P. A. Mey­er, and M. Weil. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 649. Spring­er (Ber­lin), 1978. With an ap­pendix by the au­thor and J. de Sam Laz­aro. MR 520008 Zbl 0391.​60046 in­col­lec­tion

J. Jac­od: Cal­cul stochastique et problèmes de mar­tin­gales. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 714. Spring­er, 1979. MR 542115 Zbl 0414.​60053 book

2. Thème 2 ((G1)). Si on remplace un temps d’arrêt par un temps quelconque, la propriété (P) reste-t-elle satisfaite?

(2.a) Je donne tout d’abord deux ex­emples de pro­priété (P) pour lesquelles je me suis posé la ques­tion ci-des­sus:

(P1) D’après Burk­hold­er–Dav­is–Gundy, pour tout p>0, il ex­iste deux con­stantes uni­versell­es 0<cp<Cp< tell­es que: pour tout temps d’arrêt T de la fil­tra­tion naturelle de (Bt) (plus générale­ment, de toute fil­tra­tion (Ft) pour laquelle (Bt) est un (Ft) mouvement browni­en) on ait: cpE[(T)p/2]E(supsT|Bs|p)CpE[(T)p/2].

(P2) Si l’on arrête le (Ft)-mouvement browni­en (Bt) en un temps d’arrêt T de la fil­tra­tion (Ft), al­ors (BtT)t0 reste une mar­tin­gale.

Re­marque im­port­ante: la re­présen­t­a­tion de Dub­bins–Schwarz de toute mar­tin­gale loc­ale con­tin­ue (Mt,t 0) comme: (BMt,t0), avec B mouvement browni­en, per­met de for­muler (P1) de façon ap­par­em­ment plus générale, T étant main­ten­ant re­m­placée par M et suptT|Bt| par sup|Mt|; de même pour (P2), re­m­pla­cer (BtT) par (MtS) pour tout temps d’arrêt S.

(2.b) Que devi­ennent (P1) et (P2) lor­sque l’on re­m­place T par un temps quel­conque L, c’est-à-dire une vari­able aléatoire pos­it­ive, mesur­able seule­ment par rap­port à F?

(2.b.1) On peut montrer, en toute généralité, que (BtL)t0 reste une se­mi­martin­gale dans la plus petite fil­tra­tion, souvent notée (FtL)t0, qui con­tienne (Ft)t0, et fasse de L un temps d’arrêt.

Par contre, (Bt,t0) n’est pas en général une (FtL) se­mi­martin­gale. Pour qu’il en soit ain­si, il est suf­f­is­ant que L soit la fin d’un en­semble prévis­ible Γ, i.e: L=sup{t0:(t,ω)Γ}.

(2.b.2) On peut exprimer la décom­pos­i­tion can­o­nique de (BtL)t0 dans la fil­tra­tion (FtL)t0 (cf. Réca­pit­u­latif de [11]).

Si ZtL=defP(L>tFt) (: ver­sion con­tin­ue à droite), et (MtL) désigne l’unique mar­tin­gale de BMO((Ft)) telle que: E[XL]=E[XML], pour toute mar­tin­gale bornée X, al­ors, si (Yt,t0) est une (Ft) mar­tin­gale loc­ale, YtL0tLdY,MLsZsL est une (FtL) mar­tin­gale loc­ale.

(2.b.3) Dans le cas par­ticuli­er où L est la fin d’un en­semble (Ft) prévis­ible Γ, on peut exprimer la décom­pos­i­tion de (Bt) comme se­mi­martin­gale dans (FtL): précisément, si l’on pose (à nou­veau): ZtZtL=P(L>tFt), on a: Bt=βt+0tLdB,ZsZs+LtdB,1Zs1Zs,(βt,t0) est un (FtL) mouvement browni­en.

(2.b.4) A l’aide de la décom­pos­i­tion de (BtL) présentée en (2.b.2), on peut main­ten­ant préciser com­ment (P1) peut être modi­fiée.

Si L est un temps aléatoire, on lui as­socie, comme ci-des­sus: ZtZtL=P(L>tFt)(version continue à droite) et la quant­ité IL=infs<LZs, qui véri­fie: (2.1)pour tout b]0,1[,P(IL<b)P(Ub)b,avec égalité lorsque P(L=T)=0,pour tout (Ft) temps d’arrêt T,U désigne une variable uniforme sur [0,1].

Al­ors, les inégalités de BDG (que je considère ici seule­ment pour p=1, pour sim­pli­fi­er la présen­t­a­tion) peuvent être éten­dues comme suit: E[suptL|Bt|](1)CE[L(1+log1IL)1/2](2)CLφ(1+log1U)1/2ψ et E[L](3)CE[(suptL|Bt|)(1+log1IL)1/2](4)CsuptL|Bt|φ(1+log1U)1/2ψ.

Dans les inégalités ci-des­sus, C désigne une con­stante uni­verselle, qui var­ie de ligne en ligne. Re­marquons que les inégalités (1) et (3), lor­sque L est un (Ft) temps d’arrêt sont précisément les inégalités de BDG pour p=1, puisque al­ors: IL1, et donc: log(1/IL)=0.

Les inégalités (2) et (4), dans lesquelles fig­urent un couple de fonc­tions de Young con­juguées (φ,ψ) sont ob­tenues, à partir de (1) et (3) par ap­plic­a­tion de l’inégalité de Hölder général­isée, et de la dom­in­a­tion stochastique de (1/IL) par 1/U, énoncée ci-des­sus en (2.1).

(2.b.5) Soulignons quelques conséquences des résul­tats précédents:

  • On peut re­m­pla­cer le mouvement browni­en (Bt,t0) par toute mar­tin­gale loc­ale (Mt,t0), et t par Mt grâce à la re­présen­t­a­tion de Du­bins–Schwarz: Mt=BMt,t0.
  • Bi­en que les inégalités de BDG, val­ables pour toute mar­tin­gale loc­ale con­tin­ue arrêtée en un temps d’arrêt T, ne s’étendent pas (tout au moins, de façon “immédiate”) lor­sque T est re­m­placé par un temps quel­conque L, une telle ex­ten­sion est “pr­esque” val­able, au sens où, pour tout p>0, et tout ε>0, il ex­iste une con­stante Cp,ε telle que: (2.2)suptL|Mt|pCp,εMLp+ε ain­si que: (2.3)MLpCp,εsuptL|Mt|p+ε.

Ces inégalités décou­lent aisément des (vari­antes des) inégalités (2) et (4) présentées en (2.b.4), et ap­pli­quées avec des fonc­tions puis­sance ψ.

En [8], et [12], Bis­mut et Yor, puis Bar­low, Jacka et Yor, montrent qu’il n’est pas néces­saire d’util­iser des ar­gu­ments de grossisse­ment de fil­tra­tion pour ob­tenir (2.2) et (2.3), mais, que l’on peut, peut être de façon plus dir­ecte, ap­pli­quer le critère de Kolmogorov “bi­en com­pris”, ou de façon plus raffinée, les inégalités de Gar­sia–Ro­demich–Rum­sey. Voir Stroock–Varadhan [e19] pour l’ex­posé de ces inégalités, et de cer­taines de leurs conséquences.

Références pour cette sec­tion

D. W. Stroock and S. R. S. Varadhan: Mul­ti­di­men­sion­al dif­fu­sion pro­cesses. Grundlehren der Math­em­at­ischen Wis­senschaften 233. Spring­er (Ber­lin), 1979. MR 532498 Zbl 0426.​60069 book

T. Jeulin: Semi-mar­tin­gales et grossisse­ment d’une fil­tra­tion. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 833. Spring­er (Ber­lin), 1980. MR 604176 Zbl 0444.​60002 book

J.-M. Bis­mut and M. Yor: “An in­equal­ity for pro­cesses which sat­is­fy Kolmogorov’s con­tinu­ity cri­terion: Ap­plic­a­tion to con­tinu­ous mar­tin­gales,” J. Funct. Anal. 51 : 2 (1983), pp. 166–​173. MR 701054 Zbl 0524.​60020 art­icle

Grossisse­ments de fil­tra­tions: Ex­emples et ap­plic­a­tions [En­large­ments of fil­tra­tions: Ex­amples and ap­plic­a­tions] (Par­is, 1982–1983). Ed­ited by T. Jeulin and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1118. Spring­er (Ber­lin), 1985. Pro­ceed­ings of a sem­in­ar on stochast­ic cal­cu­lus. MR 884713 Zbl 0547.​00034 book

M. T. Bar­low, S. D. Jacka, and M. Yor: “In­equal­it­ies for a pair of pro­cesses stopped at a ran­dom time,” Proc. Lond. Math. Soc. (3) 52 : 1 (1986), pp. 142–​172. MR 812449 Zbl 0585.​60055 art­icle

R. Man­suy and M. Yor: Ran­dom times and en­large­ments of fil­tra­tions in a Browni­an set­ting. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1873. Spring­er (Ber­lin), 2006. MR 2200733 Zbl 1103.​60003 book

3. Thème 3 ((G1)). Jusqu’où un processus peut-il ressembler au mouvement brownien, et néanmoins en être différent?

(3.a) De façon as­sez éton­nante (?), on peut al­ler très loin dans la con­struc­tion d’avatars du mouvement browni­en, qui lui soi­ent néan­moins différents. Je vais en don­ner plusieurs ex­emples.

(3.b) H. Föllmer, C.T. Wu et moi-même avons mon­tré en [34] que, pour n’im­porte quel en­ti­er kN, il ex­iste une loi (en fait, une in­fin­ité de lois) de prob­ab­ilité W~ sur C([0,1];R), équi­val­ente à la mesure de Wien­er W telle que sous W~, le pro­ces­sus can­o­nique (Xt,t1) ait mêmes mar­ginales de rang k que sous W; c’est-à-dire, pour tous 0t1t2tk1, la loi de (Xt1,,Xtk) sous W~ est la même que celle du vec­teur (Bt1,,Btk) re­latif au mouvement browni­en B. Le trav­ail [34] répondait à la ques­tion de Stoy­an­ov [e47] (p. 316), qui po­sa­it la ques­tion pour k=4.

(3.c) Puisque W~ est équi­val­ente à W, le pro­ces­sus (Xt,t1) n’est pas une mar­tin­gale sous W~. On peut néan­moins se poser la ques­tion suivante: ex­iste-t-il une mar­tin­gale con­tin­ue qui ad­mette les mar­ginales de rang 1 du mouvement browni­en? La réponse est: Oui, ain­si que cela a été démon­tré par Al­bin [e56] récem­ment, en s’ap­puyant sur la for­mule de du­plic­a­tion de la fonc­tion Γ, qui mène à cer­taines fac­tor­isa­tions d’une vari­able gaussi­enne, i.e: N=(loi)X1X2Y, avec X1,X2 iid, et Y indépendante de (X1,X2).

Voir égale­ment Baker, Donati–Mar­tin, Yor [47] qui utilis­ent la for­mule de mul­ti­plic­a­tion de la fonc­tion Γ, et déve­lop­pent ain­si la méthode de Al­bin en ex­ploit­ant: N=(loi)X1Xn+1Yn, avec X1,,Xn+1, iid, indépendantes de Yn.

Il ex­iste aus­si des mar­tin­gales dis­con­tin­ues qui ad­mettent les mar­ginales de rang 1 du mouvement browni­en. Voir, par ex­emple, Madan–Yor [37].

(3.d) Plus générale­ment (que dans la dernière phrase ci-des­sus), si un pro­ces­sus (πt,t0) ad­met les mêmes mar­ginales de rang 1 qu’une mar­tin­gale, al­ors: (πt,t0) est crois­sant pour l’or­dre con­vexe. La réciproque est égale­ment vraie et est due à H. Keller­er [e11], à la suite des travaux de Strassen, Doob, Mey­er…

Une étude systématique de ces pro­ces­sus (πt,t0), et des mar­tin­gales as­sociées est faite en [48]; cette étude montre — es­sen­ti­elle­ment à l’aide d’ex­emples — com­bi­en la con­nais­sance des mar­ginales de rang 1 d’un pro­ces­sus ren­sei­gne peu sur la loi “com­plète” de ce pro­ces­sus.

Références pour cette sec­tion

H. G. Keller­er: “Markov-Kom­pos­i­tion und eine An­wendung auf Mar­tin­gale,” Math. Ann. 198 (1972), pp. 99–​122. MR 356250 Zbl 0229.​60049 art­icle

J. M. Stoy­an­ov: Counter­examples in prob­ab­il­ity, 2nd edi­tion. Wiley Series in Prob­ab­il­ity and Math­em­at­ic­al Stat­ist­ics: Prob­ab­il­ity and Math­em­at­ic­al Stat­ist­ics. Wiley (Chichester), 1997. MR 930671 Zbl 0884.​60001 book

H. Föllmer, C.-T. Wu, and M. Yor: “On weak Browni­an mo­tions of ar­bit­rary or­der,” Ann. Inst. Henri Poin­caré, Probab. Stat. 36 : 4 (2000), pp. 447–​487. MR 1785391 Zbl 0968.​60069 art­icle

D. B. Madan and M. Yor: “Mak­ing Markov mar­tin­gales meet mar­gin­als: With ex­pli­cit con­struc­tions,” Bernoulli 8 : 4 (2002), pp. 509–​536. MR 1914701 Zbl 1009.​60037 art­icle

J. M. P. Al­bin: “A con­tinu­ous non-Browni­an mo­tion mar­tin­gale with Browni­an mo­tion mar­gin­al dis­tri­bu­tions,” Stat­ist. Probab. Lett. 78 : 6 (2008), pp. 682–​686. MR 2409532 Zbl 1137.​60325 art­icle

D. Baker, C. Donati-Mar­tin, and M. Yor: “A se­quence of Al­bin type con­tinu­ous mar­tin­gales with Browni­an mar­gin­als and scal­ing,” pp. 441–​449 in Sémin­aire de prob­ab­il­ités XLIII [Forty-third prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Ed­ited by C. Donati-Mar­tin, A. Le­jay, and A. Rou­ault. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 2006. Spring­er (Ber­lin), 2011. MR 2790386 Zbl 1216.​60039 in­col­lec­tion

F. Hirsch, C. Pro­feta, B. Roynette, and M. Yor: Pea­cocks and as­so­ci­ated mar­tin­gales, with ex­pli­cit con­struc­tions. Boc­coni & Spring­er Series 3. Spring­er (New York), 2011. MR 2808243 Zbl 1227.​60001 book

4. Thème 4 ((G1)). Jusqu’où une filtration peut-elle ressembler à la filtration brownienne, et néanmoins en être différente?

(4.a) L’école prob­ab­il­iste de Stras­bourg a mis l’ac­cent, de façon ex­trêmement ap­puyée, sur les pro­priétés de la fil­tra­tion, ou des fil­tra­tions, de référence, avec lesquelles on trav­aille dans un con­texte donné. Ain­si, à un pro­ces­sus (Ys,s0) donné (par sa loi, par ex­emple), on as­socie sa fil­tra­tion naturelle (Ys,s0); il s’agit là d’un in­vari­ant as­sez simple: deux pro­ces­sus (Ys,s0) et (Zs,s0) peuvent être as­sez différents et néan­moins avoir même fil­tra­tion naturelle…

(4.b) Pour un cher­ch­eur en Prob­ab­ilités qui trav­aille es­sen­ti­elle­ment sur le mouvement browni­en, la ques­tion suivante se pose al­ors, de façon naturelle: si (Fs,s0) est une fil­tra­tion donnée sur un es­pace de prob­ab­ilité, est-elle la fil­tra­tion naturelle d’un mouvement browni­en? On dira al­ors que cette fil­tra­tion est une fil­tra­tion browni­enne forte (FBF).

(4.c) Fil­tra­tion browni­enne faible (FBf).
On dira qu’une fil­tra­tion (Ft) sur un es­pace de prob­ab­ilité est une FBf s’il ex­iste un (Ft) mouvement browni­en (βt,t0) tel que toute (Ft) mar­tin­gale (Mt,t0) puisse s’écri­re comme: Mt=c+0tmsdβs,t0,(ms,s0) est un cer­tain pro­ces­sus (Fs) prévis­ible.

Bi­en sûr, on ne de­mande pas que la fil­tra­tion naturelle de β soit égale à (Ft), auquel cas (Ft) serait une FBF.

(4.d) Quelques ex­emples de (FBf).

(4.d.1) La fil­tra­tion naturelle du pro­ces­sus des co­or­données sur l’es­pace can­o­nique C(R+,R), sous toute prob­ab­ilité Q (loc­ale­ment) équi­val­ente à la mesure de Wien­er W. Pour la preuve détaillée de ce résul­tat, voir [51].

(4.d.2) La fil­tra­tion (Bτt)t0, ob­tenue par change­ment de temps (τt,t0), con­tinu, stricte­ment crois­sant, bijec­tif de R+ sur lui-même, à partir de la fil­tra­tion browni­enne (Bu,u0).

(4.d.3) La fil­tra­tion naturelle de l’araignée browni­enne (At,t0) à N branches, c’est-à-dire un pro­ces­sus qui évolue sur l’uni­on de N 1/2-droites con­cour­antes en un point 0, qui se com­porte comme un mouvement browni­en sur chaque branche hors de 0, et qui chois­it sa branche avec, dis­ons, prob­ab­ilité (1/N) lor­squ’elle ar­rive en 0 (plus générale­ment, ce choix des branches peut être fait avec la prob­ab­ilité (p1,,pN) sur {1,2,,N}). Cette de­scrip­tion, dûe à J. Walsh [e18], est très in­formelle, mais peut-être ren­due tout à fait rigoureuse (cf. Bar­low–Pit­man–Yor [18]).

(4.e) B. Tsirel’son [e45] a établi que pour tout N3, la fil­tra­tion (At,t0) de l’araignée browni­enne à N branches est faible, et n’est pas forte. Ce résul­tat avait été con­jec­turé — mais pas établi! — en [18].

(4.f) On peut — a pos­teri­ori — com­pren­dre as­sez sim­ple­ment pour­quoi, pour N3, cette fil­tra­tion (At)t0 est faible, et pas forte: en ef­fet, une con­jec­ture de M. Bar­low rap­pelée en [18], bi­en av­ant la pub­lic­a­tion [e45] de Tsirel’son, était que si (Ft) est une FBF, et si L est la fin d’un en­semble (Ft) prévis­ible, al­ors FL+ le fu­tur immédiat jusqu’en (ou juste après) L, ne peut différer du passé strict FL, av­ant L, que par l’ad­jonc­tion d’un en­semble, au plus. Or, pour (AtN), avec N3, et Lg=sup{s1;As=0}, il faut ad­joindre à (AgN) les en­sembles: {A1I1}, {A1I2}, {A1In1} pour ob­tenir (Ag+N). D’autre part, les ar­gu­ments déve­loppés par Tsirel’son en [e45], con­ven­able­ment sim­pli­fiés et général­isés en [30] étab­lis­sent la valid­ité de la con­jec­ture de Bar­low. En conséquence, pour N3, (AtN) est une FBf.

Par ail­leurs, les auteurs de [e41] ont mon­tré qu’il ex­iste une in­fin­ité de lois de prob­ab­ilité Q, équi­val­entes à W, tell­es que sous Q, la fil­tra­tion naturelle du pro­ces­sus des co­or­données est faible, et pas forte.

De même, il a été mon­tré en [e49] qu’il ex­iste une in­fin­ité de change­ments de temps (τt) tels que ceux décrits en (4.d.2) pour lesquels (Bτt) est faible, et pas forte.

(4.g) D’autres ex­emples de fil­tra­tions browni­ennes faibles, et pas for­tes. Voir [e41].

Références pour cette sec­tion

Temps lo­c­aux [Loc­al times] (Par­is, 1976–1977). Ed­ited by J. Azéma and M. Yor. As­térisque 52–​53. So­ciété Math­ématique de France (Par­is), 1978. MR 509476 Zbl 0385.​60063 book

M. Bar­low, J. Pit­man, and M. Yor: “On Walsh’s Browni­an mo­tions,” pp. 275–​293 in Sémin­aire de prob­ab­il­ités XXIII [Twenty-third prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Ed­ited by J. Azéma, P. A. Mey­er, and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1372. Spring­er (Ber­lin), 1989. MR 1022917 Zbl 0747.​60072 in­col­lec­tion

L. Du­bins, J. Feld­man, M. Smorod­in­sky, and B. Tsirelson: “De­creas­ing se­quences of σ-fields and a meas­ure change for Browni­an mo­tion,” Ann. Probab. 24 : 2 (1996), pp. 882–​904. MR 1404533 Zbl 0870.​60078 art­icle

B. Tsirelson: “Triple points: From non-Browni­an fil­tra­tions to har­mon­ic meas­ures,” Geom. Funct. Anal. 7 : 6 (1997), pp. 1096–​1142. MR 1487755 Zbl 0902.​31004 art­icle

M. T. Bar­low, M. Émery, F. B. Knight, S. Song, and M. Yor: “Au­tour d’un théorème de Tsirelson sur des fil­tra­tions browni­ennes et non browni­ennes” [On a the­or­em of Tsirelson con­cern­ing Browni­an and non-Browni­an fil­tra­tions], pp. 264–​305 in Sémin­aire de prob­ab­il­ités XXXII [Thirty-second prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Ed­ited by J. Azéma, M. Émery, M. Le­doux, and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1686. Spring­er (Ber­lin), 1998. MR 1655299 Zbl 0914.​60064 in­col­lec­tion

M. Émery and W. Schach­er­may­er: “Browni­an fil­tra­tions are not stable un­der equi­val­ent time-changes,” pp. 267–​276 in Sémin­aire de Prob­ab­il­ités, XXXIII. Ed­ited by J. Azéma, M. Émery, M. Le­doux, and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1709. Spring­er (Ber­lin), 1999. MR 1768000 Zbl 0949.​60087 in­col­lec­tion

M. Yor: “On weak and strong Browni­an fil­tra­tions: Defin­i­tions and ex­amples,” pp. 115–​121 in Self-sim­il­ar pro­cesses and their ap­plic­a­tions (An­gers, France, 20–24 Ju­ly 2009). Ed­ited by L. Chaumont, P. Graczyk, and L. Vostrikova. Sémin­aires et Con­grès 28. So­ciété Math­ématique de France (Par­is), 2013. MR 3203521 Zbl 1311.​60090 in­col­lec­tion

5. Thème 5 ((G1)). De l’équation de Tsirel’son au rôle incomplet du mécanisme d’évolution…

(On pour­rait ajouter comme sous-titre — à ne pas pren­dre trop au sérieux! — à ce thème: Du pro­ces­sus “bang bang” au Big Bang…)

Parmi les thèmes sur lesquels j’ai trav­aillé, c’est — avec l’étude des nombres de tours du mouvement browni­en plan — ce­lui qui me fas­cine le plus. A chaque fois que j’y réfléchis à nou­veau, je trouve tou­jours les résul­tats clés aus­si para­doxaux, et ouv­rant la voie à des réflex­ions philo­sophiques. En ef­fet, ce thème révèle des pro­priétés ex­trêmement sur­pren­antes (“mind-bog­gling” a écrit D. Wil­li­ams!) Voici ce dont il s’agit.

(5.a) L’équa­tion de Tsirel’son.
L’un des ob­jec­tifs d’Itô, en con­stru­is­ant l’intégrale stochastique, dis­ons, pour sim­pli­fi­er, d’un pro­ces­sus prévis­ible (Hs) par rap­port à un mouvement Browni­en (Bs): 0tHsdBs,t0,lorsque: pour tout t<0tHs2ds<,Pp.s., était de déve­lop­per l’étude des équa­tions différen­ti­elles stochastiques: (5.1)Xt=x+0tσ(Xs)dBs+0tb(Xs)ds.

En ef­fet, Itô a mon­tré:

  • d’une part, que l’ar­gu­ment du point fixe de Pi­card pour les équa­tions différen­ti­elles or­din­aires à coef­fi­cients lipschit­zi­ens s’ap­plique, mu­tatis mutandis lor­sque σ et b sont lipschit­zi­ens;
  • d’autre part, et en conséquence, que (5.1) per­met de con­stru­ire un pro­ces­sus de dif­fu­sion de coef­fi­cients σ et b, sous cette con­di­tion de Lipschitz.

    Il a fallu at­tendre les années 70 pour s’aper­ce­voir que la présence du mouvement browni­en en (5.1) per­mettait d’ob­tenir ex­ist­ence et uni­cité des solu­tions, lor­sque, par ex­emple, σ1, et b est seule­ment boréli­enne bornée. Ce résul­tat est dû à Zvonkin (1974); par ex­emple, lor­sque b(x)=λsgn(x), avec λ>0, on ob­tient ain­si le pro­ces­sus dit “bang-bang” de paramètre λ, rap­pelé vers l’ori­gine dès qu’il s’en éloigne.

De plus, même dans cette situ­ation “irrégulière”, le pro­ces­sus solu­tion de: (5.2)Xt=x+Bt+0tb(Xs)ds est ob­tenu de façon mesur­able et ad­aptée comme fonc­tion de B, (on dit que (Xt) est solu­tion forte) au sens où: Xt=Fx(Bs;st),t0, avec (Fx) fa­mille mesur­able en x de fonc­tion­nelles définies sur C([0,t];R).

La ques­tion a en­suite été posée, par A. Shiry­aev, de sa­voir si cette pro­priété de solu­tion forte de­meurait vraie lor­sque en (5.2), la fonc­tion b(x), ou plutôt le pro­ces­sus b(Xs), est re­m­placé, en toute généralité, par une fonc­tion­nelle bornée β(Xu;us).

Très rap­idement, B. Tsirel’son a ap­porté un contre-ex­emple avec la fonc­tion­nelle: β(Xu;us)=T(Xu;us)(5.3)=kN{XtkXtk1tktk1}1]tk,tk+1](s),x désigne la partie frac­tion­naire de x et tk0 lor­sque k.

Le théorème 5.1 ci-des­sous exprime précisément que X ne peut être con­stru­it en fonc­tion de B seule­ment.

Ce résul­tat m’ay­ant ex­trêmement in­trigué, j’ai cherché à com­pren­dre quelles pro­priétés du mouvement browni­en étaient réelle­ment en jeu. En fait, re­l­at­ive­ment peu! On se rend vite compte que pour com­pren­dre l’équa­tion de Tsirel’son: (5.4)Xt=Bt+0tT(Xu;us)ds il suf­fit d’en com­pren­dre son sque­lette dis­cret: (5.5)Xtk+1Xtktk+1tk=Btk+1Btk(tk+1tk)+{XtkXtk1tktk1}, et il est donc naturel d’étud­i­er les pro­priétés de l’équa­tion: (5.6)ηk+1=ξk+1+{ηk},kN, où les vari­ables (ξk)kN sont indépendantes, et de loi donnée pour tout k (pas néces­saire­ment la même loi). Les pro­priétés de cette équa­tion, in­dexée par N, sont décrites dans le théorème 5.2.

(5.b) Énoncés des théorèmes 5.1 et 5.2.

Théorème 5.1: L’équa­tion (5.4) jouit de l’uni­cité en loi. De plus, pour tous s<t, la vari­able {(XtXs)/(ts)} est uni­formément dis­tribuée sur [0,1[, et indépendante du mouvement browni­en dir­ec­teur B.
Re­marques:
  1. Une conséquence simple (et amusante…) du théorème 5.1 est que le pro­ces­sus X^t=E(XtB)B désigne la tribu glob­ale en­gendrée par le mouvement browni­en B sat­is­fait: X^t=Bt+(t/2), en tout cas pour tout tt0.
  2. En re­la­tion avec les dis­cus­sions du Thème 4, la fil­tra­tion naturelle de l’unique solu­tion — en loi — de (5.4), bi­en que différente de celle de B (elle con­tient stricte­ment la fil­tra­tion naturelle de B), est néan­moins une FBF ain­si que ceci a été démon­tré par Emery et Schach­er­may­er.

Pour présenter les différents cas pos­sibles con­cernant l’équa­tion (5.6), il nous faut in­troduire les nota­tions et prélim­in­aires suivants.

No­tons μk la loi de ξk, pour kN, et μ=(μk)kN. In­troduis­ons le sous en­semble de Z: Zμ={pZ; il existe k tel que: Πjk|exp(2iπpx)μj(dx)|>0}. D’après [24], Zμ est un sous groupe de Z, et il ex­iste donc un unique en­ti­er pμ0 tel que: Zμ=pμZ.

Théorème 5.2: Selon la valeur de pμ, les pro­priétés suivantes ont lieu:
  1. pμ=0. L’équa­tion (5.6) jouit de l’uni­cité en loi; de plus, Fη est triviale; pour tout k, {ηk} est uni­forme sur [0,1] et indépendante de Fkξ; pour tout k, Fkξ=σ({ηk})Fkξ.
  2. pμ=1. L’équa­tion (5.6) ad­met une solu­tion forte pour laquelle Fη est triviale. en toute généralité, dans ce second cas, Fkη=FηFkξ, pour tout kN.
  3. pμ2. L’équa­tion (5.6) n’ad­met pas de solu­tion forte, et ne jouit pas de l’uni­cité en loi.

(5.c) Déve­lop­pe­ments du thème, re­la­tions avec le thème 4.
D’après le théorème 5.1 l’équa­tion (5.4) jouit de l’uni­cité en loi, mais la fil­tra­tion naturelle de B est stricte­ment con­tenue dans celle de X. En util­is­ant la ter­min­o­lo­gie du Thème 4, la fil­tra­tion de X est une fil­tra­tion browni­enne faible (FBf).

Toute­fois, Emery et Schach­er­may­er [e50] ont mon­tré que c’est une FBF: il ex­iste un mouvement browni­en B~ qui en­gendre précisément la fil­tra­tion de X.

(5.d) Résolu­tion et dis­cus­sion des équa­tions (5.4) et (5.6).

(5.d.1) Résolvons tout d’abord l’équa­tion (5.4), en com­mençant par (5.5). Po­sons: Nk={XtkXtk1tktk1}etξk=BtkBtk1tktk1. On voit, d’après (5.5), que l’on a: (5.7)exp(2iπNk+1)=exp(2iπξk+1)exp(2iπNk) qui est une équa­tion (de récur­rence) sur le tore.

Il n’est pas dif­fi­cile de montrer que: pour tout pZ{0}, E[exp(2iπpNk)]=0, puis de ren­for­cer ce résul­tat en: (5.8)E[exp(2iπpNk)|B]=0,B désigne la tribu (glob­ale) en­gendrée par le mouvement browni­en. Ain­si, d’après (5.8), Nk est uni­formément dis­tribuée sur [0,1], et indépendante de B.

(5.d.2) Dis­cutons main­ten­ant de l’équa­tion (5.6), ce qui re­vi­ent à démontrer le théorème 5.1. Pour cela (voir [24] pour les détails), on reprend avec soin l’équa­tion de récur­rence (5.5), puis selon les valeurs de pμ, on par­vi­ent sans trop de dif­fi­cultés à la dis­cus­sion en 3 points (= tri­cho­tomie) du théorème 5.2.

(5.e) Et­ude sur un groupe com­pact.
En un sens, l’équa­tion (5.6) — qui re­présente la “sque­lette” de l’équa­tion de Tsirel’son (5.4) — est une équa­tion “hy­bride”, avec des vari­ables pren­ant leurs valeurs sur R ou sur le tore… On s’est ra­mené en (5.7) à une équa­tion sur le tore, ce qui a per­mis fi­nale­ment de résoudre l’équa­tion hy­bride (5.6).

Cette re­marque a amené à considérer de façon générale l’équa­tion: (5.9)ηk+1=ξk+1ηk,kN, sur un groupe com­pact G, où la suite (ξk)kN re­présent­ant l’évo­lu­tion est con­stituée de vari­ables indépendantes de lois μk données.

Une dis­cus­sion com­plète de (5.9) a été faite en [e50] et [e55]; in­diquons par ex­emple que toute solu­tion de (5.9) peut être ob­tenue à partir d’une solu­tion ex­trêmale (ηk(0))kN (parmi l’en­semble des solu­tions — en loi — de (5.9) de la façon suivante: (ηk)k=(loi)(ηk0V)k,V est une vari­able à valeurs dans G, indépendante de (ηk0).

(5.f) Quelques réflex­ions mathématico-philo­sophiques…
Le mouvement browni­en (et son ac­tion), plus générale­ment le bruit blanc (ξk)kN re­présen­tent l’ac­tion de l’Être suprème (ou de l’évo­lu­tion…util­isez le ter­me que vous préférez…). Pour connaître l’état du monde au­jourd’hui, en l’in­stant k, j’ai accès à l’état du monde dans le passé, c’est-à-dire jusqu’en: knk, nk aug­ment­ant avec k, au fur et à mesure des tech­niques mo­d­ernes d’in­vest­ig­a­tion, et aus­si com­ment l’évo­lu­tion a trans­formé cet état, en les in­stants knk+1, knk+2,,k1, pour par­venir jusqu’à l’in­stant k au­jourd’hui.

Nous avons pu déter­miner tous les cas pos­sibles — c’est l’ob­jet du théorème 5.2 — selon des critères port­ant sur le bruit blanc (ξk)kN. Néan­moins, cette dis­cus­sion ex­haust­ive me laisse tou­jours dans l’ex­pect­at­ive, car je ne sais pas le­quel de ces critères est véri­fié…Dit d’une autre façon: les règles de l’évo­lu­tion au­jourd’hui, en l’in­stant k, ne me sont con­nues qu’entre les in­stants (knk) et k. Je ne puis donc inférer (au mieux!) que les lois de ξknk, ξknk+1,,ξk, et je ne sais donc pas le­quel des critères sur la suite (ξj) est sat­is­fait.

Cette dis­cus­sion mathématique dans laquelle on es­saie de modéliser “toute l’his­toire” (à pren­dre avec une pincée de mod­estie!) me semble em­blématique: les mathématiques per­mettent de décri­re tous les pos­sibles, mais le mystère des ori­gines reste en­ti­er!

Références pour cette sec­tion

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M. Émery and W. Schach­er­may­er: “A re­mark on Tsirel’son’s stochast­ic dif­fer­en­tial equa­tion,” pp. 291–​303 in Sémin­aire de Prob­ab­il­ités, XXXIII. Ed­ited by J. Azéma, M. Émery, M. Le­doux, and M. Yor. Lec­ture Notes in Math. 1709. Spring­er (Ber­lin), 1999. MR 1768002 Zbl 0957.​60064 in­col­lec­tion

J. Akahori, C. Uen­ishi, and K. Yano: “Stochast­ic equa­tions on com­pact groups in dis­crete neg­at­ive time,” Probab. The­ory Re­lated Fields 140 (2008), pp. 569–​593. MR 2365485 Zbl 1136.​60036 art­icle

T. Hirayama and K. Yano: “Ex­tremal solu­tions for stochast­ic equa­tions in­dexed by neg­at­ive in­tegers and tak­ing val­ues in com­pact groups,” Stochast­ic Pro­cess. Ap­pl. 120 : 8 (2010), pp. 1404–​1423. MR 2653259 Zbl 1201.​60072 art­icle

K. Yano: “Ran­dom walk in a fi­nite dir­ec­ted graph sub­ject to a road col­or­ing,” J. The­or­et. Probab. 26 : 1 (2013), pp. 259–​283. MR 3023844 Zbl 1296.​60190 art­icle

K. Yano and M. Yor: “Around Tsirelson’s equa­tion, or: The evol­u­tion pro­cess may not ex­plain everything,” Probab. Surv. 12 (2015), pp. 1–​12. MR 3374628 Zbl 1328.​60170 ArX­iv 0906.​3442 art­icle

6. Thème 6 ((G2)). Nombres de tours du mouvement brownien plan

(6.a) Le mouvement browni­en plan (Zt,t0), issu de z00, ne vis­ite pr­esque sûre­ment pas le point 0. (On peut bi­en sûr changer le couple (z0,0) en (a,b), avec ab). Ce résul­tat (de po­lar­ité des points pour Z) est dû à Paul Lévy, qui, plus générale­ment, a établi l’in­vari­ance con­forme du mouvement browni­en plan (vers 1943); de façon précise, si f:CC est holo­morphe, et non con­stante, il ex­iste al­ors un second mouvement browni­en plan (Z^s,s0) tel que: (6.1)f(Zt)=Z^0tdu|f(Zu)|2,t0.

Pren­ons par ex­emple f(z)=exp(z); al­ors, la for­mule (6.1) devi­ent, en écrivant Xt=Re(Zt): (6.2)exp(Zt)=Z^0tduexp(2Xu). Ain­si, le mouvement browni­en plan (Z^h,h0), issu de z^=exp(z0) ne vis­ite pr­esque sûre­ment pas le point 0, puisque Z^ peut s’écri­re, à un change­ment de temps près sous forme ex­po­nen­ti­elle: le membre de gauche de (6.2).

Cette démon­stra­tion lu­mineuse de la po­lar­ité des points pour le mouvement browni­en plan a été donnée par B. Dav­is [e21], qui, dans le même art­icle donne une démon­stra­tion à l’aide du mouvement browni­en plan du “grand théorème de Pi­card”: f(C), l’im­age de C par f:CC, fonc­tion entière, est C tout en­ti­er, privé d’un point au plus.

Depuis lors, on ne compte plus les ap­plic­a­tions de la pro­priété d’in­vari­ance con­forme du mouvement browni­en plan, soit pour étab­lir des pro­priétés du mouvement browni­en plan lui-même, ou de pro­ces­sus qui s’y rat­tachent (par ex­emple: les célèbres pro­ces­sus SLE), soit pour don­ner des démon­stra­tions browni­ennes de théorèmes port­ant sur les fonc­tions méro­morph­es (ex­emple: les théorèmes de Nevan­linna, re­vis­ités par K. Carne [e28], et d’autres auteurs: At­suji [e39], [e43], Gruet [e52]).

(6.b) Ven­ons-en main­ten­ant plus précisément au sujet de ce thème: l’étude (en fait asymp­totique, lor­sque t) des nombres de tours de (Zu,ut) lor­sque Z0=z0 au­tour d’un nombre fini de points (z1,,zn) avec zizj,0i<jn. On note (θtzi,t0) une déter­min­a­tion con­tin­ue du nombre de tours de (Zu,ut) lor­sque t var­ie, au­tour de zi(1in).

Cette étude com­mence en 1958 avec 2 résul­tats ap­par­em­ment très différents.

  1. F. Spitzer [e5] montre que: 2logtθtziloitCi,Ci est une vari­able de Cauchy stand­ard.
  2. Har­ris et Rob­bins [e4] montrent que, si f:CR est bornée, à sup­port com­pact (pour sim­pli­fi­er), al­ors: 1logt0tdsf(Zs)loit(f2π)E,E désigne une vari­able ex­po­nen­ti­elle, d’espérance 1, et f=dxdyf(z). En fait, ces 2 résul­tats peuvent être présentés con­jointe­ment, ain­si que la con­ver­gence en loi de 2logt(θtz1,,θtzn) lor­sque t.

Pour ne pas présenter trop rap­idement un résul­tat très glob­al, com­mençons par une étude asymp­totique avec “un point de base”; cf. Mes­su­lan–Yor [7].

Théorème 6.1: La con­ver­gence en loi tri­di­men­sion­nelle suivante a lieu: 2logt(θtr,,θtr,+,0tdsf(Zs))(loi)t(0σdγs1(βs0),0σdγs1(βs0),f2πσ),θtr,=0tdθs1|Zs|r,θtr,+=0tdθs1|Zs|r, f:CR est intégrable par rap­port à la mesure de Le­besgue, β et γ sont deux mouve­ments browni­ens réels indépendants is­sus de 0, σ=inf{t:βt=1}, et σ est le temps loc­al au niveau 0, pour β, jusqu’au temps σ.
Com­mentaires:
  1. Il est re­marquable que la loi lim­ite de 1logtθtr,±,t, ne dépen­de pas de r. Cette non-dépendance peut-être ex­pli­quée par le fait que: pour 0<r<R<, l’angle “in­termédi­aire”: 1logt0tdθs1(r|Zs|R) con­verge en loi vers une vari­able Wr,R non triviale.

    En conséquence: 1logt0tdθs1(r|Zs|R)(P)0.

  2. Le résul­tat con­cernant la 3ème com­posante dans la con­ver­gence en loi du théorème 6.1 est bi­en en ac­cord avec le résul­tat de Har­ris–Rob­bins énoncé ci-des­sus, car: σ=(loi)2E.

(6.c) Ce théorème 6.1 est très loin de présenter une vis­ion glob­ale des résul­tats asymp­totiques port­ant sur les fonc­tion­nelles du mouvement browni­en plan. Il présente, “au con­traire”, en ce qui con­cerne tout au moins l’asymp­totique des nombres de tours, le “début” de l’his­toire dans les années 80; cf. l’art­icle de présen­t­a­tion à mi-course de Pit­man–Yor [9]. Le pan­or­ama plus glob­al, à la fin des années 80, fig­ure dans Pit­man–Yor [17].

Théorème 6.2:
  1. Pour tout n-up­let de points (z1,,zn) différents, et différents de z0(=Z0), le vec­teur: 2logt(θtz1,,θtzn) con­verge en loi, lor­sque t, vers: (W1+W+,W2+W+,,Wn+W+) le vec­teur (n+1) di­men­sion­nel (W1,,Wn,W+) étant la lim­ite en loi de: 2logt(θtzi,,,θtzn,,θt+), où: θtzi,=0tdθszi1(|Zszi|ri) et θt+ peut être n’im­porte le­quel des “grands nombres de tours” θtzj,+=0tdθszj1(|Zszj|rj).
  2. La fonc­tion ca­ra­ctéristique de (WjWj+W+;jn) est donnée par la for­mule: E[exp(ij=1nλjWj)]=[ch(j=1nλj)+j=1n|λj|j=1nλjsh(j=1nλj)]1.

No­tons, pour il­lustrer ce derni­er résul­tat que, si tous les (λj) sont de même signe, al­ors la fonc­tion ca­ra­ctéristique con­jointe ci-des­sus est égale à: exp(j=1n|λj|) ce qui pour­rait don­ner l’il­lu­sion que les Wj sont indépendantes. Il n’en est pas ain­si tou­jours par in­spec­tion de la même fonc­tion ca­ra­ctéristique, cette fois-ci avec un point générique (λ1,,λn)Rn.

(6.d) Le théorème 6.2 ci-des­sus donne une idée de l’uni­fic­a­tion des théorèmes lim­ites de fonc­tion­nelles du mouvement browni­en plan, i.e: uni­fic­a­tion des théorèmes de Spitzer et Har­ris–Rob­bins (cf. (6.a) ci-des­sus). On trouvera dans Hu–Yor [32] une présen­t­a­tion systématique de cet ef­fort d’uni­fic­a­tion.

(6.e) Le théorème 6.2 ne tient compte que de l’as­pect ho­mo­lo­gique des nombres de tours, c’est-à-dire qu’il ne tient pas compte de la façon dont le “mot” des tours suc­ces­sifs au­tour des différents points s’est formé, c’est-à-dire l’as­pect ho­mo­to­pique. Plusieurs études, pro­fondes et dif­fi­ciles, de cet as­pect ho­mo­to­pique ont été menées (cf. [e26], [e36]).

(6.f) Ces études ap­pro­fon­dies des nombres de tours du mouvement Browni­an plan m’ont per­mis d’abor­der — de façon éton­nante — les études de fonc­tion­nelles ex­po­nen­ti­elles du mouvement browni­en.

Références pour cette sec­tion

P. Lévy: Pro­ces­sus stochastiques et mouvement browni­en. Gau­th­i­er-Vil­lars (Par­is), 1948. MR 29120 Zbl 0034.​22603 book

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K. Itô and H. P. McK­ean: Dif­fu­sion pro­cesses and their sample paths. Die Grundlehren der math­em­at­ischen Wis­senschaften 125. Spring­er (Ber­lin), 1965. MR 199891 book

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7. Thème 7 ((G2)). Mouvement brownien et valeurs principales

(7.a) J’ai dû ap­pren­dre la no­tion de valeur prin­cip­ale au détour d’un ou de plusieurs problèmes en Ter­minale. La pos­sib­ilité de don­ner un sens, pour les intégrales, à: (+)(+) m’a vraiment im­pres­sionné, d’autant plus que les quant­ités ain­si con­stru­ites avaient souvent une im­port­ance très par­ticulière (cf. la trans­form­a­tion de Hil­bert sur L2(R), ap­prise quelques années plus tard).

(7.b) Il n’est donc pas très éton­nant que je me sois en­suite intéressé aux ver­sions browni­ennes de ces valeurs prin­cip­ales; ain­si:

  • Ht=deflimε00tdsBs1(|Bs|ε),(Bs) est le mouvement browni­en réel;
  • γt=deflimn{0tds0sdufn(BuBs)0tds0sduE[fn(BuBs)]},
    fn(x) n2f(nx), nN, est une ap­prox­im­a­tion de l’iden­tité dans R2, et (Bt,t0) désigne ici un mouvement browni­en 2-di­men­sion­nel.

(7.b.1) L’ex­ist­ence de (Ht,t0) résulte de la régu­lar­ité höldéri­enne des temps lo­c­aux browni­ens; en ef­fet, on a: (7.1)0tdsBs1(|Bs|ε)=εdaa(tata),(ta;t0) désigne le temps loc­al de B au niveau a. Il est bi­en con­nu que l’on a, par ex­emple: (7.2)supst|sasb|Ct,ω|ab|12η pour tout η(0,12).

Ain­si, le membre de droite de (7.1) con­verge ab­so­lu­ment, i.e: 0daa|tata|<Pp.s.

Mon intérêt pour ce “pro­ces­sus de Hil­bert” (Ht,t0) est la re­marque suivante: considérons (τu,u0) l’in­verse de (t0,t0), le temps loc­al en 0, c’est-à-dire: τu=inf{t:t0>u}. Il n’est pas dif­fi­cile de montrer que (Hτu,u0) est un pro­ces­sus de Cauchy symétrique.

En­core un peu de trav­ail, et on ob­tient (à l’aide de la théorie des ex­cur­sions par ex­emple), que (1πHτu,u0) est un pro­ces­sus de Cauchy stand­ard.

On ne peut al­ors s’empêcher de rap­procher ce résul­tat d’une re­présen­t­a­tion de Spitzer du pro­ces­sus de Cauchy stand­ard, comme (βτu,u0)(βs,s0) désigne un mouvement browni­en réel indépendant de (τu,u0). Autre­ment dit, le pro­ces­sus de Hil­bert (1πHt,t0) a même “trace” sur l’en­semble des zéros du mouvement browni­en B à partir duquel il est défini qu’un mouvement browni­en (βt,t0) sup­posé indépendant de B!

La ques­tion naturelle qui se pose al­ors est: quelle est la loi du pro­ces­sus de Lévy 2-di­men­sion­nel: (7.3)((1πHτ,τ);0) dont la première com­posante est un pro­ces­sus de Cauchy, et la seconde un sub­or­din­ateur stable d’in­dice (1/2)?

Une con­jec­ture naïve, qui per­mettrait d’ex­pli­quer la loi de la première com­posante de (7.3) serait que, con­di­tion­nelle­ment à τ()=θ, 1πH(τ())1πH(θ) serait une vari­able Gaussi­enne centrée, de vari­ance θ.

Il n’en est pas du tout ain­si, comme le théorème suivant, ex­trait de [15], le montre.

Théorème 7.1: La trans­formée de Laplace–Four­i­er du couple (τ,1πHτ) est donnée par: E[exp(qτ+iλπHτ)]=exp(λcoth(λ2q))(λR,q>0).

A l’aide de la théorie des ex­cur­sions d’Itô, on peut pass­er as­sez aisément du résul­tat du théorème (7.1) à une com­préhen­sion de la loi de 1πH(Tλ), et même plus générale­ment: (1πH(gT),1π(H(T)H(gT))),Tλ, resp: T est une vari­able ex­po­nen­ti­elle de paramètre λ, resp: 1/2 (pour un paramètre λ quel­conque, util­iser la pro­priété de scal­ing pour se ra­men­er à la valeur 1/2), indépendante du mouvement browni­en B, gt=sup{s<t:Bs=0}.

Théorème 7.2: Les vari­ables HTH(gT) et HT+H(T)H(gT) sont indépendantes, et on a: E[exp(iλπHT+)]=λsh(λ);E[exp(iλπHT)]=th(λ)λ. En conséquence: E[exp(iλπHT)]=1ch(λ).

(7.b.2) Le second résul­tat (ex­ist­ence de γt) men­tionné au début de (7.b) est dû à S. Varadhan [e10], qui répondait ain­si, par la négat­ive, à une sug­ges­tion de Sy­man­zik [e10] de con­stru­ire des champs quantiques avec in­ter­ac­tion en “effaçant les points doubles du mouvement browni­en plan”.

(7.c) Ex­ten­sion à cer­tains pro­ces­sus de Lévy.
A la suite de Fitz­sim­mons–Getoor [e34] qui ont étendu les précédents résul­tats de Bi­ane–Yor [15] aux pro­ces­sus de Lévy symétriques, J. Ber­toin ([e42], Chap. 5) supprime même l’hy­pothèse de symétrie, et montre que le théorème 7.1 s’étend, quitte à re­m­pla­cer 2q dans le membre de droite par K(q), où 1/K(q) est l’ex­posant de Laplace de (τ,0). Plus récem­ment, dans sa thèse, F. Cor­d­ero [e58] reprend les cal­culs de Ber­toin dans le cadre des pro­ces­sus de Lévy symétriques stables.

(7.d) Cal­cul stochastique et valeurs prin­cip­ales des temps lo­c­aux browni­ens.
Cet as­pect a été déve­loppé par T. Ya­mada [e44]; (voir aus­si R. Man­suy–M. Yor [28], Chap. 10). La for­mule de Itô–Tana­ka montre que, pour α0, le pro­ces­sus |Bt|1+α, t0, est une se­mi­martin­gale, et la même for­mule en exprime la décom­pos­i­tion can­o­nique. Par contre, pour 12<β<1, le pro­ces­sus |Bt|β est seule­ment un pro­ces­sus de Di­rich­let, c’est-à-dire la somme d’une mar­tin­gale loc­ale, et d’un pro­ces­sus à vari­ation quad­ratique nulle. Plus précisément, pour β=1α, avec: 0<α<12, on a: |Bt|1α=(1α)0t|Bs|αsgn(Bs)dBs+(1α)(α)2p.v.0tds|Bs|1+α, où l’on a noté: p.v.0tds|Bs|1+α pour: db|b|1+α(tbt0).

Ces valeurs prin­cip­ales ap­par­ais­sent égale­ment naturelle­ment dans l’ex­pres­sion de cer­tains théorèmes lim­ites de fonc­tion­nelles du mouvement browni­en linéaire; voir l’art­icle de Ya­mada [22] pour leur for­mu­la­tion et le détail des preuves.

Références pour cette sec­tion

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8. Thème 8 ((G3)): Sur l’air(e) de Paul Lévy, des fonctionnelles quadratiques du mouvement brownien, et des identités de Ciesielski–Taylor

(8.a) Paul Lévy a défini le pro­ces­sus de l’aire stochastique du mouvement browni­en plan: (Zt=Xt+iYt,t0) comme At=120t(XsdYsYsdXs) et en a donné la loi, au tra­vers de sa fonc­tion ca­ra­ctéristique (tout au moins, pour t fixé). Plus précisément, on a: E[exp(iλAt)|Zt=z]=E[exp(λ280tds|Zs|2)|Zt|=|z|](8.1)=(λt/2sh(λt/2))exp(|z|22t(λt2coth(λt2)1)) la première égalité découlant de l’in­vari­ance de la loi de (Zu,u0) par ro­ta­tion, et la seconde iden­tité pouv­ant être ob­tenue par change­ment de prob­ab­ilité (à la Girsan­ov), et ra­men­ant le cal­cul à ce­lui de la loi au temps t d’un pro­ces­sus d’Orn­stein–Uh­len­beck com­plexe, ce qui est bi­en sûr élémen­taire, celle-ci étant une loi gaussi­enne centrée, dont il suf­fit de cal­culer la vari­ance. Bi­en en­tendu, cette méthode, pour ob­tenir (8.1) diffère de celle d’ori­gine de Paul Lévy [e3] qui util­isait la décom­pos­i­tion en série de 0tds|Zs|2 à l’aide d’un ar­gu­ment / déve­lop­pe­ment de Kar­hun­en–Loève.

(8.b) Grâce à la pro­priété d’ad­dit­iv­ité des carrés de pro­ces­sus de Bessel, la for­mule de Paul Lévy (8.1) peut être éten­due comme suit: no­tons Qxδ (pour δ,x0) la loi d’un carré, issu de x, de pro­ces­sus de Bessel de di­men­sion δ, loi considérée sur C(R+,R+), où (Xt) est le pro­ces­sus des co­or­données. Al­ors, la pro­priété d’ad­dit­iv­ité, re­marquée par Shiga–Watanabe [e12], s’écrit: (8.2)QxδQxδ=Qδ+δx+x,(x,x,δ,δ0) et, pour toute mesure μ(dt) sur R+, telle que: 0μ(dt)(t1)< on a l’iden­tité: (8.3)Qxδ(exp(12μ(dt)Xt))=(φμ())δ/2exp(x2φμ(0+)),φμ:R+R+ est l’unique solu­tion décrois­sante de l’équa­tion de Sturm–Li­ouville: φ=μφ, avec φ(0)=1. L’iden­tité (8.3), pour toute mesure μ(dt)0, finie (pour sim­pli­fi­er), et à sup­port com­pact, ca­ra­ctérise la loi Qxδ.

De (8.2), on déduit que, pour tout δ,x0 fixés, Qxδ est indéfini­ment di­vis­ible; cette fa­mille de prob­ab­ilités ad­met une re­présen­t­a­tion de Lévy–Kh­intchine: Qxδ(exp(12Iμ(X)))=expC(R+,R+)(xM(dω)+δN(dω))(1e12Iμ(ω)), où, pour sim­pli­fi­er l’écrit­ure, on a noté: Iμ(X)=μ(dt)Xt; Iμ(ω)=μ(dt)ω(t). Les théorèmes de Ray–Knight, pour le mouvement browni­en, d’une part, et pour le pro­ces­sus de Bessel de di­men­sion 3 d’autre part, per­mettent d’exprimer M et N en ter­mes des temps lo­c­aux browni­ens. Voir Pit­man–Yor [5], qui étud­i­ent, plus générale­ment les prob­ab­ilités Qxyδ,t des carrés de ponts de Bessel de durée t, is­sus de x et fin­is­sant en y.

(8.c) Les iden­tités de Ciesiel­ski–Taylor [e6] sont les suivantes: (8.4)0ds1(Rδ+2(s)1)=(loi)T1(Rδ),(Rγ(s),s0) désigne un pro­ces­sus de Bessel de di­men­sion γ issu de 0, et T1(Rδ)=inf{t:Rt=1}. Hormis le cas δ=1, pour le­quel D. Wil­li­ams a mon­tré que l’on pouv­ait ob­tenir (8.4) comme conséquence du résul­tat de re­tourne­ment li­ant mouvement browni­en, et pro­ces­sus de Bessel de di­men­sion 3, il n’y a pas de démon­stra­tion vraiment lu­mineuse, c’est-à-dire au moy­en d’une trans­form­a­tion tra­ject­or­i­elle ad hoc, qui per­mette d’ob­tenir (8.4) pour δ1.

Toute­fois, le désir de com­pren­dre (8.4) avec un min­im­um de cal­culs a per­mis de mettre en évid­ence une “for­mule d’intégra­tion par parties” qui, à son tour, per­met d’ex­pli­quer d’autres “coïncid­ences” du type de celles de (8.4).

En ef­fet, réécrivons chacun des deux membres de (8.4) comme intégrale des temps lo­c­aux du pro­ces­sus de Bessel cor­res­pond­ant. L’iden­tité (8.4) devi­ent: (8.5)01daLa(R(δ+2)=(loi)01daLT1a(R(δ)).

On se con­vainc immédiate­ment qu’il ne saur­ait y avoir d’iden­tité en loi entre les deux pro­ces­sus (La(R(δ+2)),0a1) et (LT1a(R(δ)),0a1), puisque ce second pro­ces­sus est nul en a=1, et pas le premi­er.

Par contre, il n’est pas dif­fi­cile d’ob­tenir des théorèmes de Ray–Knight pour les pro­ces­sus (La(R(δ+2)), a0) et (LT1a(R(δ)),0a1), à l’aide des théorèmes de Ray–Knight pour le mouvement browni­en et le pro­ces­sus de Bessel de di­men­sion 3. Voir [5], [22], pour l’énoncé de ces théorèmes de Ray–Knight pour toutes les di­men­sions δ. Je ne don­nerai ici les énoncés que pour δ=2: (La(R(2+2)),a0)=(loi)(1a|B~a2|2,a0) et (LT1a(R(2)),0a1)=(loi)(a|B~log(1/a)|2,0a1),(B~u,u0) désigne ici un mouvement browni­en 2-di­men­sion­nel issu de 0. Dans ce cas, l’iden­tité en loi (8.5) est ra­menée à: (8.6)01daaBa22=(loi)012aBlog(1/a)2da,(Bu,u0) désigne main­ten­ant sim­ple­ment un mouvement browni­en réel.

Com­ment com­pren­dre (8.6)? En fait, c’est un cas par­ticuli­er de l’iden­tité en loi suivante, que l’on peut qual­i­fi­er de “for­mule d’intégra­tion par parties”: (8.7)cddf(x)Bg(x)2+f(d)Bg(d)2=(loi)g(c)Bf(c)2+cddg(x)Bf(x)2,f,g:[c,d]R+ sont deux fonc­tions con­tin­ues, f étant sup­posée décrois­sante, et g crois­sante.

(8.6) est bi­en sûr un cas par­ticuli­er de (8.7), où l’on a pris: c=0,d=1,  f(x)=log(1/x),  g(x)=x2.

Fais­ons quelques re­marques à pro­pos de (8.7): si l’on prend l’espérance de chacun des deux membres de (8.7), on ob­tient: cddf(x)g(x)+f(d)g(d)=g(c)f(c)+cddg(x)f(x) qui est bi­en sûr l’ex­pres­sion de la “for­mule d’intégra­tion par partie” classique c’est-à-dire déter­min­iste. Mais, il est plus re­marquable (et moins évident) que, “derrière l’iden­tité (8.7)”, sont cachées une in­fin­ité d’iden­tités met­tant en jeu les fonc­tions f et g, ob­tenues en pren­ant les mo­ments d’or­dre n, pour tout nN,  n2. Ces iden­tités se ramènent égale­ment à des for­mules d’intégra­tion par parties déter­min­istes. Voir Yen–Yor [44].

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C. Donati-Mar­tin, S. Song, and M. Yor: “Sym­met­ric stable pro­cesses, Fu­bini’s the­or­em, and some ex­ten­sions of the Ciesiel­ski–Taylor iden­tit­ies in law,” Stochastics Stochastics Rep. 50 : 1–​2 (1994), pp. 1–​33. MR 1784742 Zbl 0831.​60049 art­icle

J. Y. Yen and M. Yor: Mo­ments thoughts about an in­teg­ra­tion by parts in dis­tri­bu­tion for Browni­an quad­rat­ic func­tion­als, 2010. un­pub­lished manuscript. misc

9. Thème 9 ((G2)): Filtration des ponts browniens, et effeuillage (ou épluchage) du mouvement Brownien

(9.a) On doit à Paul Lévy (une fois de plus!) la no­tion de mouvement browni­en non-can­o­nique; je pren­drai ici pour défi­ni­tion de cette no­tion, tout mouvement browni­en re­présen­t­able sous la forme: (γt=0th(t,u)dβu,t0),(βs,s0) est un mouvement browni­en réel, et h:(u<t)R une fonc­tion de deux vari­ables telle que: 0th2(t,u)du<, pour tout t. On de­mande de plus — c’est le ca­ra­ctère “non-can­o­nique” — que la fil­tra­tion naturelle de γ soit stricte­ment con­tenue dans celle de β. Une con­di­tion équi­val­ente est, bi­en sûr, que, pour cer­tains t, l’es­pace gaussi­en Gtγ, en­gendré par les vari­ables (γs,st) soit stricte­ment con­tenu dans Gtβ, ou en­core, qu’il ex­iste un élément de Gtβ, dis­ons: 0tθ(u)dβu, qui soit or­tho­gon­al à toutes les vari­ables (γs,st).

Le cas par­ticuli­er où h(t,u)=φ(u/t) pour φ:[0,1]R est spéciale­ment intéress­ant. Il n’est pas dif­fi­cile de montrer que γt(φ)0tφ(u/t)dβu,  t0, est un mouvement browni­en si, et seule­ment si 01dvφ(xv)φ(v)=1(0<x<1).

(9.b) L’ex­emple de mouvement browni­en non can­o­nique qui m’a le plus intéressé est: (9.1)γt=βt0tdssβs0t(1log(ts))dβs.

Cet ex­emple ap­par­ait naturelle­ment lors de considéra­tions liées aux ponts du mouvement browni­en β.

Plus précisément, considérons la décom­pos­i­tion comme se­mi­martin­gale de (βu,ut) dans la fil­tra­tion Fu(t)Fuβσ(βt) (: à t fixé). Il est classique que l’on a: (9.2)βu=βu(t)+0udsβtβsts,ut, avec (βu(t),ut) un (Fu(t)) mouvement browni­en.

Si l’on re­tourne β en l’in­stant t, on ob­tient, d’après (9.2): βtβ(tu)=(βt(t)β(tu)(t))+0udhh(βtβ(th)). Ain­si, on a: β~u(t)=βu(t)^0udhhβh(t)~, où l’on a noté: βu(t)~=βtβ(tu) et β^u(t)=βt(t)β(tu)(t). On a donc ain­si “com­pris” pour­quoi la for­mule (9.1) produit un mouvement browni­en γ à partir de β. Bi­en sûr, on peut aus­si véri­fi­er “méca­nique­ment” que (γt,t0) défini en (9.1) ad­met pour co­v­ari­ance ts. Mais, l’ex­plic­a­tion ci-des­sus de “l’ap­par­i­tion” de γ me semble bi­en plus intéress­ante!

(9.c) D’autres auteurs (Chitashvili [e29], De­heuvels [e24]) sont aus­si “tombés” sur l’ex­emple (9.1) de mouvement browni­en non-can­o­nique, à la suite de différentes mo­tiv­a­tions. La dis­cus­sion faite en (9.b) ci-des­sus est le point de départ de l’art­icle de Jeulin–Yor [19] lui-même déve­loppé en [25].

(9.d) L’ef­feuil­lage (ou épluchage) dont il est ques­tion dans le titre de ce thème a le sens suivant: in­troduis­ons la trans­form­a­tion T qui est bi­en définie sur les fonc­tions con­tin­ues f:R+R telle que: 0dss|f(s)|<, par: Tf(t)=f(t)0tdssf(s).

Nous ven­ons de voir que T préserve la mesure de Wien­er, i.e T(W)=W. Itérons T; on ob­tient al­ors aisément: Tn(β)t=0tPn(logtu)dβu,Pn est le n-ième poly­nome de Laguerre. (Cette re­présen­t­a­tion ex­plique pour­quoi j’ai classé ce thème dans la rub­rique (G2): T en­tre­tient des li­ens étroits avec la b.o.n des poly­nomes de Laguerre (Pn) dans L2(R+;exdx)). Si Tt(n) désigne l’es­pace gaussi­en en­gendré par (Tn(β)s,st), al­ors: Tt(0) est la somme dir­ecte de l’es­pace Tt(n) et de l’es­pace or­tho­gon­al en­gendré par les vari­ables: Tk(β)t;k=0,1,,n1.

La suite des poly­nomes de Laguerre (Pn(x),n=0,1,) con­stitu­ant une b.o.n. de L2(R+,exdx), les vari­ables gaussi­ennes {Tk(β)t;k=0,1,} con­stitu­ent une b.o.n. de Tt(0). Cet ar­gu­ment montre que T est un K-auto­morph­isme…, et a for­tiori, T est une trans­form­a­tion er­godique de l’es­pace de Wien­er.

(9.e) Re­la­tions avec un théorème de Wid­der.
Un théorème de Wid­der (cf. [e16], Chap IV) af­firme que si une fonc­tion: h:R+×RdR+ est une fonc­tion har­mo­nique es­pace-temps, c’est-à-dire qu’elle sat­is­fait (au moins au sens des dis­tri­bu­tions): ht+12Δxh=0, al­ors il ex­iste une mesure finie μ(dλ) sur Rd telle que: (9.3)h(x,t)=dμ(λ)exp(λx12|λ|2t).

Une démon­stra­tion prob­ab­il­iste de ce résul­tat a été, pour l’es­sen­tiel, donnée en ([43], Chap. 1, Theo. 1.3), où le mouvement browni­en (T(B)t,t0) joue un rôle aux­ili­aire, mais es­sen­tiel…Voici cet ar­gu­ment.

h étant har­mo­nique es­pace-temps, le pro­ces­sus (h(t,Bt),t0) est une mar­tin­gale loc­ale. Ad­mettons que ce soit une mar­tin­gale (il faudrait sa­voir supprimer cette hy­pothèse…). On peut al­ors con­stru­ire une prob­ab­ilité Wh sur l’es­pace can­o­nique qui sat­is­fasse: (9.4)W|Fth=h(t,Xt)W|Ft, W désig­nant comme tou­jours la mesure de Wien­er, (Xt,t0) le pro­ces­sus des co­or­données, et Ft=σ{Xs,st}.

Le pro­ces­sus (T(X)u,ut) étant indépendant de Xt, sous W, l’est en­core sous Wh, d’après (9.4). En conséquence, (T(X)u,u0), sous Wh, est un mouvement browni­en, et sat­is­fait en outre la pro­priété d’indépendance que nous ven­ons de men­tion­ner. Po­sons: βt=T(X)t, et cher­chons à résoudre: (9.5)Xt=βt+0tdssXs,sous Wh.

Re­marquons que, pour 0<s<t, d’après (9.5): (9.6)Xtt=Xss+stdβuu. En conséquence, puisque du/u2<, le membre de droite de (9.6) con­verge lor­sque t; ain­si, à gauche, on a: Y:=limtXtt et on déduit de (9.6) Xs=sY+β^s, s0, où β^s=ssdβuu est en­core un mouvement browni­en.

Ain­si, Wh est la loi du mouvement browni­en avec drift indépendant Y, dont on note main­ten­ant la loi μ(dλ) (sur Rn). En conséquence de la re­la­tion d’ab­solue con­tinu­ité de Camer­on–Mar­tin, on a donc: W|Fth=μ(dλ)exp(λXt|λ|22t)W|Ft et la re­présen­t­a­tion (9.4) s’en­suit.

(9.f) Une autre décom­pos­i­tion du mouvement browni­en, le long des poly­nomes de Le­gendre.
En Décembre 2009, D. Stroock a posé la ques­tion de sa­voir s’il ex­iste un groupe (Tu)uR de trans­form­a­tions bi­en définies sur l’es­pace de Wien­er, qui in­ter­pole les puis­sances entières (Tn,nZ). La réponse à cette ques­tion est pos­it­ive (cf. [50]). Il ne m’est mal­heureuse­ment pas pos­sible de don­ner les détails de la con­struc­tion; hormis le fait que l’on procède ici par trans­form­a­tion de Four­i­er, et que ce trav­ail a quelque par­enté avec ce­lui de Jeulin–Yor [25].

Références pour cette sec­tion

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R. Chitashvili: On the non ex­ist­ence of a strong solu­tion of the bound­ary prob­lem for a sticky Browni­an mo­tion. Tech­nic­al re­port BS-R8901, Cen­ter for Math­em­at­ics and Com­puter Sci­ence, Am­s­ter­dam, 1989. te­chreport

T. Jeulin and M. Yor: “Fil­tra­tion des ponts browni­ens et équa­tions différen­ti­elles stochastiques linéaires” [Fil­ter­ing of Browni­an bridges and lin­ear stochast­ic dif­fer­en­tial equa­tions], pp. 227–​265 in Sémin­aire de prob­ab­il­ités XXIV [Twenty-fourth prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Ed­ited by J. Azéma, P. A. Mey­er, and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1426. Spring­er (Ber­lin), 1990. MR 1071543 Zbl 0699.​60075 in­col­lec­tion

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T. Jeulin and M. Yor: “Moy­ennes mo­biles et se­mi­martin­gales” [Mov­ing av­er­ages and se­mi­martin­gales], pp. 53–​77 in Sémin­aire de prob­ab­il­ités XXVII [Twenty-sev­enth prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Ed­ited by J. Azéma, P.-A. Mey­er, and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1557. Spring­er (Ber­lin), 1993. MR 1308553 Zbl 0788.​60059 in­col­lec­tion

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J. Na­j­nudel, D. Stroock, and M. Yor: “On a flow of trans­form­a­tions of a Wien­er space,” Chapter 5, pp. 119–​131 in Stochast­ic ana­lys­is and re­lated top­ics: In hon­our of Ali Sü­ley­man Üstünel (Par­is, 14–15 June 2010). Ed­ited by L. De­creuse­fond and J. Najim. Spring­er Pro­ceed­ings in Math­em­at­ics & Stat­ist­ics 22. Spring­er (Ber­lin), 2012. MR 3236089 Zbl 1338.​60176 in­col­lec­tion

L. Alili and C.-T. Wu: “Müntz lin­ear trans­forms of Browni­an mo­tion,” Elec­tron. J. Probab. 19 (2014), pp. no. 36, 15. MR 3183580 Zbl 1292.​60079 art­icle

10. Thème 10 ((G3)): Moyenne arithmétique du mouvement brownien géométrique; options asiatiques; extensions exponentielles des théorèmes de Lévy et Pitman

(10.a) Rap­pelons les énoncés classiques des théorèmes de Lévy et Pit­man, qui per­mettent de re­présenter (en loi), re­spect­ive­ment, le mouvement browni­en réfléchi (|Bt|,t0) et le pro­ces­sus de Bessel de di­men­sion 3 (Rt,t0) comme com­binais­ons linéaires du mouvement browni­en réel (Bt,t0) et de son su­prem­um (St=supstBs,t0).
Précisément:

  1. (StBt,St;t0)=(loi)(|Bt|,Lt;t0), où (Lt,t0) désigne le temps loc­al en 0 de B;
  2. (2StBt,St;t0)=(loi)(Rt,ItinfstRs;t0).

Ces deux théorèmes ad­mettent des ex­ten­sions con­ven­ables lor­sque l’on re­m­place dans les membres de gauche, (Bt) par BtμBt+μt, le mouvement browni­en avec dérive μ, et St par Stμ=supstBsμ. Voir, par ex­emple, [27].

(10.b) Ces deux théorèmes ad­mettent les vari­antes ex­po­nen­ti­elles suivantes: pour tout λR, et μR, les pro­ces­sus (10.1)Xtλ,μ=exp(λBtμ)0texp(λBsμ)ds,t0, et (10.2)Ztλ,μ=exp(λBtμ)0texp(2λBsμ)ds,t0, sont deux dif­fu­sions réelles, de générat­eurs in­fin­itésimaux re­spec­tifs  (1)Lλ,μ et  (2)Lλ,μ décrits dans le théorème suivant

Théorème 10.1:
  1. Pour tous λ,μR, le pro­ces­sus (Xtλ,μ,t0) est un pro­ces­sus de Markov, de générat­eur in­fin­itésim­al:  (1)Lλ,μ=λ22x2d2dx2+((λ22λu)x+1)ddx.
  2. Pour sim­pli­fi­er, pren­ons λ=1, et écrivons Zμ pour Z(1,μ).

Al­ors, les pro­ces­sus (Zt(μ),t0) et (Zt(μ),t0) ont même loi, celle d’une dif­fu­sion sur R+, de générat­eur in­fin­itésim­al:  (2)Lμ=z22d2dz2+((12μ)z+(K1+μKμ)(1z))ddz, où la fonc­tion Kν est la fonc­tion de Bessel–Mc­Don­ald d’in­dice ν.

A titre d’ex­er­cice, on pourra véri­fi­er d’une part que  (2)Lμ= (2)Lμ, à partir des pro­priétés des fonc­tions Kν et d’autre part on pourra cal­culer  (2)Lλ,μ.

Un résumé as­sez synthétique des ar­gu­ments de démon­stra­tion du théorème 10.1 fig­ure en [38], Sec­tions 5 et 6. Voir égale­ment [40] et [41].

(10.c) Les vari­antes ex­po­nen­ti­elles des théorèmes de Lévy et Pit­man énoncées en (10.b) peuvent en fait être considérées comme des ex­ten­sions de ces théorèmes. En ef­fet, si l’on prend la puis­sance d’or­dre 1/λ des ex­pres­sions fig­ur­ant en (10.1) et (10.2), et que l’on fait tendre λ vers +, on ob­tient, par ap­plic­a­tion de la méthode de Laplace, que les pro­ces­sus: (exp(StμBtμ);t0) d’une part, et (exp(2StμBtμ);t0) d’autre part, sont Markovi­ens, et on peut cal­culer leurs générat­eurs in­fin­itésimaux à partir de  (1)Lλ,μ et  (2)Lλ,μ, ret­rouv­ant ain­si les résul­tats énoncés en (10.a).

(10.d) A leur tour, les résul­tats de (10.b) ad­mettent des ex­ten­sions mul­ti­di­men­sion­nelles, qui ont été ob­tenues récem­ment par F. Baudouin et N. O’Con­nell [e63], puis en­core plus pro­fondément par N. O’Con­nell [e65]. (A déve­lop­per).

Références pour cette sec­tion

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H. Mat­sumoto and M. Yor: “An ana­logue of Pit­man’s 2MX the­or­em for ex­po­nen­tial Wien­er func­tion­als, II: The role of the gen­er­al­ized in­verse Gaus­si­an laws,” Nagoya Math. J. 162 (June 2001), pp. 65–​86. MR 1836133 Zbl 0983.​60075 art­icle

C. Donati-Mar­tin, H. Mat­sumoto, and M. Yor: “The law of geo­met­ric Browni­an mo­tion and its in­teg­ral, re­vis­ited: Ap­plic­a­tion to con­di­tion­al mo­ments,” pp. 221–​243 in Math­em­at­ic­al fin­ance — Bacheli­er Con­gress, 2000 (Par­is, 29 June–1 Ju­ly 2000). Ed­ited by H. Ge­man, D. Madan, S. R. Pliska, and T. Vorst. Spring­er Fin­ance. Spring­er (Ber­lin), 2002. MR 1960566 Zbl 1030.​91029 in­col­lec­tion

H. Mat­sumoto and M. Yor: “Ex­po­nen­tial func­tion­als of Browni­an mo­tion, I: Prob­ab­il­ity laws at fixed time,” Probab. Surv. 2 (2005), pp. 312–​347. MR 2203675 Zbl 1189.​60150 ArX­iv math/​0511517 art­icle

H. Mat­sumoto and M. Yor: “Ex­po­nen­tial func­tion­als of Browni­an mo­tion, II: Some re­lated dif­fu­sion pro­cesses,” Probab. Surv. 2 (2005), pp. 348–​384. MR 2203676 Zbl 1189.​91232 ArX­iv math/​0511519 art­icle

F. Bau­doin and N. O’Con­nell: “Ex­po­nen­tial func­tion­als of Browni­an mo­tion and class-one Whit­taker func­tions,” Ann. Inst. Henri Poin­caré Probab. Stat. 47 : 4 (2011), pp. 1096–​1120. MR 2884226 Zbl 1269.​60066 art­icle

N. O’Con­nell: “Dir­ec­ted poly­mers and the quantum Toda lat­tice,” Ann. Probab. 40 : 2 (2012), pp. 437–​458. MR 2952082 Zbl 1245.​82091 art­icle

11. En guise de conclusion

(11.a) J’aurais voulu présenter un plus grand nombre de mes thèmes de recherches fa­vor­is, mais le temps et mes ca­pa­cités m’en ont empéché. J’espère pouvoir con­tin­uer dans un prochain avenir… Voir [46] pour une première ébauche, qui com­mence avec le thème 11: Fonc­tion­nelles ex­po­nen­ti­elles de pro­ces­sus de Lévy, con­tinu­ation, dans une autre dir­ec­tion, du thème 10 ci-des­sus.

(11.b) Les thèmes ex­posés ci-des­sus ne re­présen­tent qu’une in­fime partie des recherches prob­ab­il­istes, même con­centrées sur le mouvement browni­en. Je ren­voie le lec­teur aux mag­ni­fiques art­icles et mono­graph­ies, par ex­emple, de J. Ber­toin, Ph. Bi­ane, J.F. Le Gall et W. Wern­er. Ces 4 auteurs ont d’ail­leurs il­lus­tré la manière propre à chacun d’eux d’ex­ploiter la théorie des ex­cur­sions d’Itô et du cal­cul stochastique d’Itô pour leurs in­vest­ig­a­tions re­spect­ives. Voir [45].

(11.c) Je ter­minerai en­fin par un petit clin d’œil, montrant que l’aura des prob­ab­il­istes peut en­core faire quelques pro­grès dans l’opin­ion pub­lique1 (j’en doute fort au­jourd’hui, avec le déve­lop­pe­ment très pro­fond de la crise fin­ancière). V. Tanase [e59] écrit en ef­fet en page 2 de sa bio­graph­ie de A. Camus: “Quelle faute de goût que de par­ler de vérité et de justice à ceux qui se con­ten­tent d’une mar­tin­gale!”

Lais­sons Camus répon­dre lui-même (cf. [e25], p. 27): “…Car moi aus­si, j’at­tends, je cher­che, j’espère et ne veux point trouver. N’ay­ant pas de vérité, je n’aime pas les grandes allées. Mais j’aime les routes ar­ides, ar­rosées d’espérance.” Cette déclar­a­tion ne re­flète-t-elle pas par­faite­ment notre “con­di­tion de prob­ab­il­iste”?

Références pour cette sec­tion

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M. Yor: Dix autres thèmes de recher­che sur les pro­ces­sus stochastiques, II, 2011. un­pub­lished manuscript. misc

Works

[1] J. Jac­od and M. Yor: “Étude des solu­tions ex­trémales et re­présen­t­a­tion intégrale des solu­tions pour cer­tains problèmes de mar­tin­gales” [A study of ex­tremal solu­tion and in­teg­ral rep­res­ent­a­tion of solu­tions for cer­tain mar­tin­gale prob­lems], Z. Wahr­schein­lich­keit­s­the­or. Verw. Geb. 38 : 2 (June 1977), pp. 83–​125. A brief piece with the same title was earli­er pub­lished in C. R. Acad. Sci., Par­is, Sér. A 283 (1976). MR 445604 Zbl 0346.​60032 article

[2] M. Yor: “Sous-es­paces denses dans L1 ou H1 et re­présen­t­a­tion des mar­tin­gales” [Dense sub­spaces in L1 or H1 and rep­res­ent­a­tion of mar­tin­gales], pp. 265–​309 in Sémin­aire de prob­ab­ilités XII [Twelfth prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Edi­ted by C. Del­lacher­ie, P. A. Mey­er, and M. Weil. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 649. Spring­er (Ber­lin), 1978. With an ap­pendix by the au­thor and J. de Sam Laz­aro. MR 520008 Zbl 0391.​60046 incollection

[3] M. Yor: “Loi de l’in­dice du lacet browni­en, et dis­tri­bu­tion de Hart­man–Wat­son” [Law of in­dices of Browni­an laces, and the Hart­man–Wat­son dis­tri­bu­tion], Z. Wahr­schein­lich­keit­s­the­or. Verw. Geb. 53 : 1 (January 1980), pp. 71–​95. MR 576898 Zbl 0436.​60057 article

[4] M. Yor: “Re­marques sur une for­mule de Paul Lévy” [Re­marks on a for­mula of Paul Lévy], pp. 343–​346 in Sémin­aire de prob­ab­ilités XIV [Four­teenth prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Edi­ted by J. Azéma and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 784. Spring­er (Ber­lin), 1980. MR 580140 Zbl 0429.​60045 incollection

[5] J. Pit­man and M. Yor: “A de­com­pos­i­tion of Bessel bridges,” Z. Wahr­sch. Verw. Ge­bi­ete 59 : 4 (December 1982), pp. 425–​457. Eng­lish trans­la­tion of French ori­gin­al from Func­tion­al ana­lys­is in Markov pro­cesses (1982). MR 656509 Zbl 0484.​60062 article

[6] J. Pit­man and M. Yor: “Sur une décom­pos­i­tion des ponts de Bessel” [On a de­com­pos­i­tion of Bessel bridges], pp. 276–​285 in Func­tion­al ana­lys­is in Markov pro­cesses (Kata­ta and Kyoto, Ja­pan, 21–29 Au­gust 1981). Edi­ted by M. Fukushi­ma. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 923. Spring­er (Ber­lin), 1982. An Eng­lish trans­la­tion was pub­lished in Z. Wahr­sch. Verw. Ge­bi­ete 59:4 (1982). MR 661630 Zbl 0499.​60082 incollection

[7] P. Mes­su­lam and M. Yor: “D. Wil­li­ams’ ‘pinch­ing meth­od’ and some ap­plic­a­tions,” J. Lond. Math. Soc., II. Ser. 26 : 2 (1982), pp. 348–​364. MR 675178 Zbl 0518.​60088 article

[8] J.-M. Bis­mut and M. Yor: “An in­equal­ity for pro­cesses which sat­is­fy Kolmogorov’s con­tinu­ity cri­terion: Ap­plic­a­tion to con­tinu­ous mar­tin­gales,” J. Funct. Anal. 51 : 2 (1983), pp. 166–​173. MR 701054 Zbl 0524.​60020 article

[9] J. W. Pit­man and M. Yor: “The asymp­tot­ic joint dis­tri­bu­tion of wind­ings of planar Browni­an mo­tion,” Bull. Am. Math. Soc., New Ser. 10 : 1 (January 1984), pp. 109–​111. MR 722863 Zbl 0535.​60073 article

[10] M. Yor: “Une décom­pos­i­tion asymp­totique du nombre de tours du mouvement browni­en com­plexe” [An asymp­tot­ic de­com­pos­i­tion of the wind­ing num­ber of com­plex Browni­an mo­tion], pp. 103–​126 in Col­loque en l’hon­neur de Laurent Schwartz [Col­loqui­um in hon­or of Laurent Schwartz] (Par­is, 30 May–3 June 1983), vol. 2. Astérisque 132. Société Math­em­atique de France (Par­is), 1985. MR 816763 Zbl 0583.​60077 incollection

[11] Grossisse­ments de fil­tra­tions: Ex­emples et ap­plic­a­tions [En­large­ments of fil­tra­tions: Ex­amples and ap­plic­a­tions] (Par­is, 1982–1983). Edi­ted by T. Jeulin and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1118. Spring­er (Ber­lin), 1985. Pro­ceed­ings of a sem­in­ar on stochast­ic cal­cu­lus. MR 884713 Zbl 0547.​00034 book

[12] M. T. Bar­low, S. D. Jacka, and M. Yor: “In­equal­it­ies for a pair of pro­cesses stopped at a ran­dom time,” Proc. Lond. Math. Soc. (3) 52 : 1 (1986), pp. 142–​172. MR 812449 Zbl 0585.​60055 article

[13] J. Pit­man and M. Yor: “Asymp­tot­ic laws of planar Browni­an mo­tion,” Ann. Probab. 14 : 3 (1986), pp. 733–​779. A fol­low-up to this was pub­lished in Ann. Probab. 17:3 (1989). MR 841582 Zbl 0607.​60070 article

[14] J.-F. Le Gall and M. Yor: “Étude asymp­totique des en­lace­ments du mouvement browni­en au­tour des droites de l’es­pace” [Asymp­tot­ic study of wind­ings of Browni­an mo­tion around straight lines], Probab. The­ory Re­lat. Fields 74 : 4 (April 1987), pp. 617–​635. MR 876259 Zbl 0594.​60083 article

[15] P. Bi­ane and M. Yor: “Valeurs prin­cip­ales as­sociées aux temps lo­c­aux browni­ens” [Prin­cip­al val­ues as­so­ci­ated to Browni­an loc­al times], Bull. Sci. Math., II. Sér. 111 : 1 (1987), pp. 23–​101. MR 886959 Zbl 0619.​60072 article

[16] P. Bi­ane and M. Yor: “Vari­ations sur une for­mule de Paul Lévy” [Vari­ations on a for­mula of Paul Lévy], Ann. Inst. Henri Poin­caré, Probab. Stat. 23 : S2 (1987), pp. 359–​377. MR 898500 Zbl 0623.​60099 article

[17] J. Pit­man and M. Yor: “Fur­ther asymp­tot­ic laws of planar Browni­an mo­tion,” Ann. Probab. 17 : 3 (1989), pp. 965–​1011. This was a fol­low-up to an art­icle pub­lished in Ann. Probab. 14:3 (1986). MR 1009441 Zbl 0686.​60085 article

[18] M. Bar­low, J. Pit­man, and M. Yor: “On Walsh’s Browni­an mo­tions,” pp. 275–​293 in Sémin­aire de prob­ab­ilités XXIII [Twenty-third prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Edi­ted by J. Azéma, P. A. Mey­er, and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1372. Spring­er (Ber­lin), 1989. MR 1022917 Zbl 0747.​60072 incollection

[19] T. Jeulin and M. Yor: “Fil­tra­tion des ponts browni­ens et équa­tions différen­ti­elles stochastiques linéaires” [Fil­ter­ing of Browni­an bridges and lin­ear stochast­ic dif­fer­en­tial equa­tions], pp. 227–​265 in Sémin­aire de prob­ab­ilités XXIV [Twenty-fourth prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Edi­ted by J. Azéma, P. A. Mey­er, and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1426. Spring­er (Ber­lin), 1990. MR 1071543 Zbl 0699.​60075 incollection

[20] J.-F. Le Gall and M. Yor: “En­lace­ments du mouvement browni­en au­tour des courbes de l’es­pace” [Wind­ing of Browni­an mo­tion around space curves], Trans. Am. Math. Soc. 317 : 2 (February 1990), pp. 687–​722. MR 946219 Zbl 0696.​60072 article

[21] C. Donati-Mar­tin and M. Yor: “Fu­bini’s the­or­em for double Wien­er in­teg­rals and the vari­ance of the Browni­an path,” Ann. Inst. Henri Poin­caré, Probab. Stat. 27 : 2 (1991), pp. 181–​200. MR 1118933 Zbl 0738.​60074 article

[22] M. Yor: “Une ex­plic­a­tion du théorème de Ciesiel­ski–Taylor” [An ex­plan­a­tion of the Ciesiel­ski–Taylor the­or­em], Ann. Inst. Henri Poin­caré, Probab. Stat. 27 : 2 (1991), pp. 201–​213. MR 1118934 Zbl 0743.​60080 article

[23] M. Yor: “Étude asymp­totique des nombres de tours de plusieurs mouve­ments browni­ens com­plexes corrélés” [Asymp­tot­ic study of the wind­ing num­bers of sev­er­al cor­rel­ated com­plex Browni­an mo­tions], pp. 441–​455 in Ran­dom walks, Browni­an mo­tion, and in­ter­act­ing particle sys­tems: Fest­s­chrift in hon­or of Frank Spitzer. Edi­ted by R. Dur­rett and H. Kesten. Pro­gress in Prob­ab­il­ity 28. Birkhäuser (Bo­ston, MA), 1991. MR 1146463 Zbl 0747.​60076 incollection

[24] M. Yor: “Tsirel’son’s equa­tion in dis­crete time,” Probab. The­ory Re­lat. Fields 91 : 2 (June 1992), pp. 135–​152. MR 1147613 Zbl 0744.​60033 article

[25] T. Jeulin and M. Yor: “Moy­ennes mo­biles et se­mi­martin­gales” [Mov­ing av­er­ages and se­mi­martin­gales], pp. 53–​77 in Sémin­aire de prob­ab­ilités XXVII [Twenty-sev­enth prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Edi­ted by J. Azéma, P.-A. Mey­er, and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1557. Spring­er (Ber­lin), 1993. MR 1308553 Zbl 0788.​60059 incollection

[26] C. Donati-Mar­tin, S. Song, and M. Yor: “Sym­met­ric stable pro­cesses, Fu­bini’s the­or­em, and some ex­ten­sions of the Ciesiel­ski–Taylor iden­tit­ies in law,” Stochastics Stochastics Rep. 50 : 1–​2 (1994), pp. 1–​33. MR 1784742 Zbl 0831.​60049 article

[27] M. Yor: Loc­al times and ex­cur­sions for Browni­an mo­tion: A con­cise in­tro­duc­tion. Lec­ciones en Matemátic­as. Uni­ver­sid­ad Cent­ral de Venezuela (Ca­ra­cas), 1995. book

[28] M. Yor: Some as­pects of Browni­an mo­tion, part 2: Some re­cent mar­tin­gale prob­lems. Lec­tures in Math­em­at­ics ETH Zürich. Birkhäuser (Basel), 1997. MR 1442263 Zbl 0880.​60082 book

[29] M. Yor: “Gen­er­al­ized me­anders as lim­its of weighted Bessel pro­cesses, and an ele­ment­ary proof of Spitzer’s asymp­tot­ic res­ult on Browni­an wind­ings,” Stu­dia Sci. Math. Hung. 33 : 1–​3 (1997), pp. 339–​343. Ded­ic­ated to Pro­fess­or E. Csáki on his six­tieth birth­day. MR 1454119 Zbl 0909.​60070 article

[30] M. T. Bar­low, M. Émery, F. B. Knight, S. Song, and M. Yor: “Au­tour d’un théorème de Tsirelson sur des fil­tra­tions browni­ennes et non browni­ennes” [On a the­or­em of Tsirelson con­cern­ing Browni­an and non-Browni­an fil­tra­tions], pp. 264–​305 in Sémin­aire de prob­ab­ilités XXXII [Thirty-second prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Edi­ted by J. Azéma, M. Émery, M. Le­doux, and M. Yor. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1686. Spring­er (Ber­lin), 1998. MR 1655299 Zbl 0914.​60064 incollection

[31] Y. Hu, Z. Shi, and M. Yor: “Rates of con­ver­gence of dif­fu­sions with drif­ted Browni­an po­ten­tials,” Trans. Am. Math. Soc. 351 : 10 (1999), pp. 3915–​3934. MR 1637078 Zbl 0932.​60083 article

[32] Y. Hu and M. Yor: “Asymp­tot­ic stud­ies of Browni­an func­tion­als,” pp. 187–​217 in Ran­dom walks (Bud­apest, 13–24 Ju­ly 1998). Edi­ted by P. Révész and T. Bálint. Bolyai So­ci­ety Math­em­at­ic­al Stud­ies 9. János Bolyai Math­em­at­ic­al So­ci­ety (Bud­apest), 1999. MR 1752895 Zbl 0973.​60084 incollection

[33] H. Mat­sumoto and M. Yor: “An ana­logue of Pit­man’s 2MX the­or­em for ex­po­nen­tial Wien­er func­tion­als, I: A time-in­ver­sion ap­proach,” Nagoya Math. J. 159 (2000), pp. 125–​166. MR 1783567 Zbl 0963.​60076 article

[34] H. Föllmer, C.-T. Wu, and M. Yor: “On weak Browni­an mo­tions of ar­bit­rary or­der,” Ann. Inst. Henri Poin­caré, Probab. Stat. 36 : 4 (2000), pp. 447–​487. MR 1785391 Zbl 0968.​60069 article

[35] G. Pap and M. Yor: “The ac­cur­acy of Cauchy ap­prox­im­a­tion for the wind­ings of planar Browni­an mo­tion,” Peri­od. Math. Hung. 41 : 1–​2 (November 2000), pp. 213–​226. Ded­ic­ated to Pro­fess­or En­dre Csáki on the oc­ca­sion of his 65th birth­day. MR 1812807 Zbl 1074.​60507 article

[36] H. Mat­sumoto and M. Yor: “An ana­logue of Pit­man’s 2MX the­or­em for ex­po­nen­tial Wien­er func­tion­als, II: The role of the gen­er­al­ized in­verse Gaus­si­an laws,” Nagoya Math. J. 162 (June 2001), pp. 65–​86. MR 1836133 Zbl 0983.​60075 article

[37] D. B. Madan and M. Yor: “Mak­ing Markov mar­tin­gales meet mar­gin­als: With ex­pli­cit con­struc­tions,” Bernoulli 8 : 4 (2002), pp. 509–​536. MR 1914701 Zbl 1009.​60037 article

[38] C. Donati-Mar­tin, H. Mat­sumoto, and M. Yor: “The law of geo­met­ric Browni­an mo­tion and its in­teg­ral, re­vis­ited: Ap­plic­a­tion to con­di­tion­al mo­ments,” pp. 221–​243 in Math­em­at­ic­al fin­ance — Bacheli­er Con­gress, 2000 (Par­is, 29 June–1 Ju­ly 2000). Edi­ted by H. Ge­man, D. Madan, S. R. Pliska, and T. Vorst. Spring­er Fin­ance. Spring­er (Ber­lin), 2002. MR 1960566 Zbl 1030.​91029 incollection

[39] V. Bentkus, G. Pap, and M. Yor: “Op­tim­al bounds for Cauchy ap­prox­im­a­tions for the wind­ing dis­tri­bu­tion of planar Browni­an mo­tion,” J. The­or. Probab. 16 : 2 (April 2003), pp. 345–​361. MR 1982031 Zbl 1027.​60089 article

[40] H. Mat­sumoto and M. Yor: “Ex­po­nen­tial func­tion­als of Browni­an mo­tion, I: Prob­ab­il­ity laws at fixed time,” Probab. Surv. 2 (2005), pp. 312–​347. MR 2203675 Zbl 1189.​60150 ArXiv math/​0511517 article

[41] H. Mat­sumoto and M. Yor: “Ex­po­nen­tial func­tion­als of Browni­an mo­tion, II: Some re­lated dif­fu­sion pro­cesses,” Probab. Surv. 2 (2005), pp. 348–​384. MR 2203676 Zbl 1189.​91232 ArXiv math/​0511519 article

[42] R. Man­suy and M. Yor: Ran­dom times and en­large­ments of fil­tra­tions in a Browni­an set­ting. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 1873. Spring­er (Ber­lin), 2006. MR 2200733 Zbl 1103.​60003 book

[43] R. Man­suy and M. Yor: As­pects of Browni­an mo­tion. Uni­versitext. Spring­er (Ber­lin), 2008. MR 2454984 Zbl 1162.​60022 book

[44] J. Y. Yen and M. Yor: Mo­ments thoughts about an in­teg­ra­tion by parts in dis­tri­bu­tion for Browni­an quad­rat­ic func­tion­als, 2010. un­pub­lished manuscript. misc

[45] M. Yor and M. E. Vares: “A trib­ute to Pro­fess­or Kiy­osi Itô,” Stochast­ic Pro­cess. Ap­pl. 120 : 1 (January 2010), pp. 104. This is a brief an­nounce­ment of the spe­cial is­sue ded­ic­ated to Itô, Stochast­ic Pro­cess. Ap­pl. 120:5 (2010). MR 2565848 Zbl 1178.​01066 article

[46] M. Yor: Dix autres thèmes de recher­che sur les pro­ces­sus stochastiques, II, 2011. un­pub­lished manuscript. misc

[47] D. Baker, C. Donati-Mar­tin, and M. Yor: “A se­quence of Al­bin type con­tinu­ous mar­tin­gales with Browni­an mar­gin­als and scal­ing,” pp. 441–​449 in Sémin­aire de prob­ab­ilités XLIII [Forty-third prob­ab­il­ity sem­in­ar]. Edi­ted by C. Donati-Mar­tin, A. Le­jay, and A. Rou­ault. Lec­ture Notes in Math­em­at­ics 2006. Spring­er (Ber­lin), 2011. MR 2790386 Zbl 1216.​60039 incollection

[48] F. Hirsch, C. Pro­feta, B. Roynette, and M. Yor: Pea­cocks and as­so­ci­ated mar­tin­gales, with ex­pli­cit con­struc­tions. Boc­coni & Spring­er Series 3. Spring­er (New York), 2011. MR 2808243 Zbl 1227.​60001 book

[49] M. Yor: “Why I be­came es­pe­cially in­ter­ested to work from F. Spitzer’s pa­per about the asymp­tot­ics of planar browni­an wind­ings,” pp. xiv+346 in All that math: Por­traits of math­em­aticians as young read­ers: Cel­eb­rat­ing the centen­ni­al of Real So­ciedad Matemática Española. Edi­ted by A. Cór­doba, J. L. Fernán­dez, and P. Fernán­dez. Rev­ista Matemática Iberoamer­ic­ana (Mad­rid), 2011. MR 2866882 Zbl 1225.​00041 incollection

[50] J. Na­j­nudel, D. Stroock, and M. Yor: “On a flow of trans­form­a­tions of a Wien­er space,” Chapter 5, pp. 119–​131 in Stochast­ic ana­lys­is and re­lated top­ics: In hon­our of Ali Süley­man Üstünel (Par­is, 14–15 June 2010). Edi­ted by L. De­creuse­fond and J. Najim. Spring­er Pro­ceed­ings in Math­em­at­ics & Stat­ist­ics 22. Spring­er (Ber­lin), 2012. MR 3236089 Zbl 1338.​60176 incollection

[51] M. Yor: “On weak and strong Browni­an fil­tra­tions: Defin­i­tions and ex­amples,” pp. 115–​121 in Self-sim­il­ar pro­cesses and their ap­plic­a­tions (An­gers, France, 20–24 Ju­ly 2009). Edi­ted by L. Chaumont, P. Graczyk, and L. Vostrikova. Sémin­aires et Con­grès 28. Société Mathématique de France (Par­is), 2013. MR 3203521 Zbl 1311.​60090 incollection

[52] K. Yano and M. Yor: “Around Tsirelson’s equa­tion, or: The evol­u­tion pro­cess may not ex­plain everything,” Probab. Surv. 12 (2015), pp. 1–​12. MR 3374628 Zbl 1328.​60170 ArXiv 0906.​3442 article